L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Les trucs dessinés ou animés par les japonais qui finissent inévitablement par subir notre jugement critique et aiguisé.

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Yokathaking
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L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Yokathaking » Lun Sep 08, 2014 5:43 pm

J'en parle depuis un moment et pas mal de gens me l'ont réclamé donc hop, début de mon topic sur le fonctionnement de l'animation japonaise. Et je cherche un titre donc si vous avez des idées, je suis preneur.

Disclaimer pour commencer, un truc tout con, je ne travaille pas dans l'animation japonaise donc je ne garantis pas à 100% la véracité de ce que j'avance. Toutes les explications correspondent à mon niveau actuel de connaissances et elles peuvent donc être incomplètes voire fausses. Si vous voyez quelque chose d'inexact, faites-moi signe. Si vous voyez des fautes au niveau du français, idem (fin, envoyez-moi un MP pour le coup). Si vous avez des questions, des choses qui ne vous semblent pas claires, n'hésitez surtout pas à réagir, c'est un peu l'un des buts du topic.

Ceci dit, place à la première partie des explications. J'en ferai un site un jour mais en attendant, c'est du wall of text. Avec un sommaire parce que ça commence à devenir le chaos.



Publicité

La diffusion d'un anime à la télé, c’est avant tout de la publicité. C’est en premier lieu une manière de promouvoir une œuvre qui existe déjà ou qui va exister. C’est le point le plus important à retenir puisque l’écrasante majorité de la production est bâtie autour de ce point-là. Si une œuvre connue est adaptée, c’est pour booster ses ventes. Si une œuvre inconnue est adaptée, c’est pour la faire connaitre. Un anime, c’est, au départ, pensé comme de la publicité, comme ce que vous pouvez voir en allumant classiquement votre poste de télévision dans votre maison. De la publicité extrêmement ciblée, avec ses propres codes, mais cela reste avant tout un outil de promotion.

Ce point compris, beaucoup d’animes deviennent beaucoup plus logiques. La S3 de Haruhi ? Elle n’arrivera jamais parce qu’il n’y a rien à promouvoir. La S2 de Haikyuu!! ? Elle arrivera inéluctablement. Pourquoi ? Tout simplement parce que le boost de ventes qu’a reçu le manga est suffisant pour que le comité de production valide une suite.

C’est quelque chose, dont nous français, ne nous rendons pratiquement pas compte puisqu’on a tendance à considérer les animes comme des œuvres par et pour elle-mêmes. On a même bien souvent pas accès au matériel d’origine, ce n’est pas entièrement vrai dans le cas d’un manga mais c’est complètement le cas dès qu’il s’agit d’un Light Novel ou d’un jeu vidéo. Et on regarde donc l’anime comme il nous est présenté puisqu’on peut difficilement faire autrement.

Quand des éditeurs français comme Kurokawa font de la pub pour leurs mangas à travers la diffusion anime, par exemple par le biais d’un bandeau sur la couverture, ou qu’ils calent la sortie du premier volume du manga pendant la diffusion, par exemple sur Akame ga Kill/Red Eyes Sword, on retrouve quelque chose d’absolument similaire au Japon. Les séries dont l’anime est en cours ont des pans de murs qui leur sont consacrés dans les différentes boutiques de japanimation avec de la publicité de partout.

Cette utilisation d’un anime comme publicité a cependant un gros revers qui est l’hyper-production d’anime. Il n’y a qu’à voir en France le nombre de mangas qui sortent chaque mois et se dire qu’au Japon, il y a encore plus de sorties de mangas auxquelles se rajoutent les Light Novel et les jeux vidéo. Il y a une recherche constante de la publicité et les studios d’animation sont parfois incapables de suivre le rythme. Les mauvaises animations, la sous-traitance, cela vient aussi de là. Ce n’est malheureusement pas une pratique qui risque de changer dans les mois/années à venir parce que les mangas et LN auront toujours besoin d’avoir de la publicité.

Là, vous me dites : « D’accord mais quid des productions originales ? ». Il faut différencier ici anime purement originale, ce qui arrive parfois, et anime qui fait de la promotion pour du produit dérive.
Déjà, toutes les séries pour enfants (PreCure, Aikatsu! et autres) servent à promouvoir les goodies. Ce n’est pas ici de la publicité pour une œuvre préexistante mais pour des produits dérivés qui vont être mis en vente par la suite. Et la vente de goodies, c’est aussi le lot d’un certain nombre de séries pour adultes, comme Gundam pour ne citer que lui.

Kill la Kill par exemple a énormément servi pour de la vente de figurines. Si vous voyez autant de figurines/nendos/figmas de la série, c’est parce qu’un des buts de la série était justement d’en vendre. Love Live! ? L’anime a été créé pour promouvoir le jeu de rythme et les CD préexistants/à venir. La série est maintenant devenue tellement populaire qu’elle vit par elle-même mais l’objectif initial a été largement atteint puisque la S2 aurait pu ne pas vendre un seul blu-ray mais aurait quand même été rentable uniquement grâce à School Idol Festival, le jeu de rythme sur iOS/Android. Symphogear ? C’est un anime à Seiyuu et l’anime fait donc cette fois-ci de la publicité pour les innombrables chansons qui ont été utilisées dans celui-ci et par extension pour les chanteuses/Seiyuus qui composent le cast. Nana MIZUKI, Hikasa YOKO, Tomozaku SUGITA, ce sont des noms qui vous disent quelque chose ? Pas étonnant, l’anime a été construit autour de son cast.

Il existe tout de même des séries purement originales et qui, assez souvent, montrent une certaine performance technique puisque le staff derrière a beaucoup plus de libertés. La preuve avec le récent Space Dandy. Bon, l'anime reste un cas particulier puisqu'il est calibré pour les occidentaux et existe grâce à son partenariat auprès de Netflix qui diffuse les épisodes en avant-première mondiale et plus de 50% du budget vient des Etats-Unis, mais le staff derrière a pu se faire énormément plaisir puisqu'ils disposait d'une relative liberté.

De manière assez générale, les animes origiaux sont les séries produites par Aniplex. Aldnoah.Zero par exemple ne promeut rien mais le comité de production compte sur le staff composé de grands noms (UROBUCHI et Kalafina pour ne citer qu’eux) pour faire vendre son anime.

Il y a aussi le cas particulier des séries qui continuent grâce à l’audience. C’est le cas de tous les grands Shonens qui continuent encore et encore comme One Piece et Naruto. C’était aussi le cas de manière plus surprenante sur Space Brothers. La série faisait même de telles audiences qu’elle a été déplacée de son créneau de tôt le matin à un créneau beaucoup plus familial pour que tout le monde puisse la voir.

Essayez juste, lorsque vous regardez une série, de vous demander ce qu’elle promeut. Elle peut ne rien promouvoir mais repérer ce que les producteurs espèrent de la série permet souvent de mieux comprendre l'anime.
Quand c’est une adaptation directe de mangas/LN, aucun problème. Pour un remake/S2 d’un anime, l'anime correspond souvent à une actualité particulière, par exemple Fullmetal Alchemist Brotherhood a été réalisé de telle manière que le dernier épisode soit diffusé en même temps que la prépublication du dernier chapitre du manga.
C’est parfois plus retors quand l’anime sert de publicité à un Spin-Off ou un portage sur une autre console. White Album 2 servait de publicité au portage PS Vita du VN et la deuxième saison de Date A Live sert elle de publicité à un Spin-Off sur PS3 sorti quelques semaines avant.
Si vous ne voyez rien d’évident, demandez-vous si ce ne serait pas des goodies qui sont promus grâce à la série. C’est pratiquement toujours le cas pour des animes pour enfants.

Cela dit, il y a parfois quelques séries qui sont produites uniquement parce qu’un réalisateur ou une équipe veut adapter un manga. Ping Pong the Animation par exemple. Le manga est fini depuis 97, il n’y a absolument aucune actualité autour de la série mais l’anime a été diffusé début 2014 uniquement parce que YUASA tenait absolument à adapter le manga.
Il se peut aussi que ce soit le studio d’animation qui apprécie énormément une œuvre et qui veuille en réaliser une adaptation. Dans ce cas, c’est lui qui va aller rencontrer une maison de production pour monter le projet. C’était le cas par exemple de KyoAni avec Nichijou. Cela dit, c’est un cas tellement rare qu’il est plus de l’ordre de l’anecdote qu’autre chose.

Comité de production

C’est la partie la moins connue de création d’un anime alors que c’est l’une des plus importantes. Pour faire simple, le comité de production, c’est ceux qui vont décider d’un anime et qui vont amener les sous.

Sans le comité de production, il n’y aurait rien. Le comité de productions est divisé en plusieurs parties, chacune ayant son propre intérêt dans l’anime.

Les maisons de production

A l’heure actuelle, on retrouve parmi les principaux producteurs au Japon : Aniplex, Kadokawa, Pony Canyon, TOHO ou Bandai Visual. C’est des noms qui sont souvent connus puisque ce sont des structures souvent gigantesques avec un capital énorme. Aniplex par exemple appartient à Sony. Cela signifie qu’à chaque fois que vous voyez un anime produit par Aniplex, c’est Sony qui a indirectement filé de la thune. Aniplex possède, entre autres, Sword Art Online, Mahouka, la plupart des animes adaptant des mangas de la Shueisha, etc. En 2014, c’est Aniplex et Kadokawa qui produisent l’énorme majorité des animes donc si vous ne deviez en retenir que deux, retenez ceux-là. Les producteurs sont ceux qui amènent généralement la majorité des sous pour les animes diffusés au milieu de la nuit.

Certains studios d'animation peuvent être aussi des maisons de production mais c’est une configuration assez exceptionnelle. C’est le cas par exemple de KyoAni et Notes. (TYPE-MOON) qui produisent tous les deux les animes d’œuvres leur appartenant déjà. Cela ne veut pas dire qu’ils seront les seuls producteurs de l’anime, KyoAni ayant tendance à travailler avec Pony Canyon, et Notes. avec Aniplex mais cela leur garantit une plus grande liberté, un plus grand retour sur investissement mais aussi plus de risques en cas d’échec.

Il peut y avoir plusieurs maisons de production dans le même comité de production. Cela peut arriver pour injecter plus d’argent dans un anime mais aussi parce que plusieurs maisons de production peuvent y trouver leur compte. Par exemple sur les animes de Persona4, Aniplex était initialement le producteur mais Kadokawa, possédant la licence des mangas et Light Novel de la franchise Persona, a jugé intéressant de rejoindre aussi le comité de production.

Chaque maison de production a ses propres spécificités, notamment au niveau du type d’œuvre qu’elle veut produire. Kadokawa par exemple, qui est initialement une maison d’édition de manga et de Light Novel ne produira que des adaptations de ses œuvres tandis qu’Aniplex sera plus enclin à prendre le pari d’un anime original. Bandai Visual a lui souvent tendance à utiliser les animes pour faire de la pub pour ses jeux sur borne d’arcade.

Les fabricants de goodies et figurines

Ils sont particulièrement présents sur les animes pour enfants ou sur les animes qui vont générer beaucoup de produits dérivés comme Gundam avec ses Gunpla. Ils peuvent parfois être aussi producteurs, par exemple Bandai. Leur intérêt dans l’anime est évident, ils veulent vendre des produits dérivés. C’est eux qui valident les designs des Mecha, c’est eux qui valident les accessoires des Magical Girls, les tenues des personnages, etc.

Les chaines télé

Leur intérêt est simple, elles veulent faire de l’audience. Elles n’accordent pratiquement aucune importance aux blu-ray, à l’œuvre originale ou autres produits dérivés, elles veulent juste des spectateurs. Le moyen le plus simple pour y arriver est tout simplement de diffuser l’anime sur sa chaîne et que sur sa chaîne. Cela dit, c’est un cas qui n’arrive pratiquement jamais dans les faits puisqu’il y d’autres parties prenantes dans la production d’un anime. Un anime a avant tout un rôle publicitaire et les maisons de production souhaitent donc que l’anime soit le plus diffusé possible. De plus, les chaines télé japonaises fonctionnant beaucoup par région, le diffuser sur une seule chaîne risque de réduire grandement l'audience. Pour que les deux parties trouvent leur compte, la chaîne télé faisant partie du comité de production a en général des avantages, par exemple une diffusion une semaine avant les autres ou une version uncensored dans le cas d’un anime particulièrement orienté sur le fanservice, comme Highschool DxD.

Dans la très grande majorité des cas, les animes sont diffusés au milieu de la nuit, entre 23h et 3h heures du mat, et conservent leur créneau du premier au dernier épisode. Il peut arriver que des animes changent d’horaire. Par exemple Space Brothers était initialement diffusé le dimanche à 07h00 du matin mais devant le succès familial de la série, son horaire a été changé au samedi à 17h30, ce qui un créneau très familial. L’inverse a eu lieu pour Hunter X Hunter qui était en fin de soirée mais a été reporté en début de nuit avant l’arc des Ants car celui-ci a été jugé trop violent pour une diffusion à un horaire où des enfants peuvent encore regarder.

Un anime de milieu de la nuit est en général diffusé sur 3 à 5 chaînes différentes et le comité de production est en charge de vendre l’anime aux chaînes ne faisant pas partie du comité de production.

Il peut exister des partenariats entre les chaines télé et les maisons de production ou les studios d’animation. Par exemple, à l’heure actuelle, NoitaminA de FujiTV est considéré comme le playground d’Aniplex et on peut donc être certain qu’un anime diffusé sur ce créneau est produit par Aniplex. AsahiTV a elle des créneaux qui sont réservés pour TOEI et a même acquis une partie du studio. Le cas présent est par contre un peu étrange parce que TOEI Corporation possède une partie de Asahi qui lui-même possède une partie de TOEI Animation et c’est l’un des exemples les plus incestueux de la japanim.

La chaîne télé est le seul élément indispensable à un comité de production puisque sans elle, pas de diffusion. Il se peut même qu’une chaîne télé soit l’unique composant d’un comité de production. Cela signifie que l’anime sera diffusé à un créneau où les gens sont devant la télé pour avoir le plus d’audience possible. Ce sera par contre souvent pas un anime ayant les seiyuus les plus populaires du moment puisque ceux-ci coûtent cher et une chaîne de télé seul a forcément moins de budget à mettre dans un anime qu’un comité de production avec plusieurs organismes. Ce fut le cas récemment de Log Horizon qui a été produit intégralement par NHK Entertainment.

Les maisons de disques

On ne s’en rend pas compte en occident parce qu’il nous est assez difficile d’acheter des disques en rapport avec l’anime mais ceux-ci sont assez présents dans la production d’un anime. Plus l’anime est musical et plus leur implication est importante, par exemple sur AKB0048. Les musiciens et seiyuus proviennent en général de la maison de disques à qui ils sont rattachés et qui fait partie du comité de production. Ce n’est pas toujours le cas puisque certains seiyuus appartiennent à une boite trop petite pour faire partie d’un comité de production ou sont suffisamment célèbres pour avoir une sorte de passe-droit et être directement contactés.

Les studios de jeux vidéo

Ils rejoignent le comité de production pour une raison toute simple, créer et vendre un jeu vidéo adapté de l’anime. Et nous, Occidentaux, ne nous en rendons pas forcément compte mais ils sont très souvent présents. Énormément d’animes existent pour promouvoir la sortie d’un jeu vidéo, ce qui donne au studio qui va réaliser le jeu une place importante dans le comité de production. A l’heure actuelle, l’énorme majorité des jeux adaptés de séries préexistantes sortent sur 3DS ou PS Vita, ce qui rend cette dernière très populaire au Japon auprès des otakus. Bandai Namco est à l’heure actuelle le plus connu d’entre tous et c’est un nom qui revient souvent parmi les différents comités de production.

Savoir si un studio de jeu vidéo fait partie d’un comité de production est très facile, il suffit de savoir si un JV sort globalement en même temps que l’anime. D’ailleurs, devinez pourquoi Durarara!! a une saison 2. Yup, parce qu’un jeu PS Vita sort quelques semaines avant la diffusion du premier épisode.

Et c’est globalement tout pour les membres du comité de production. Il reste juste quelques trucs trop anecdotiques pour être signalés. Tout ce beau monde va ensuite se réunir et va parler gros sous. Mais avant d’aborder la question financière, une parenthèse.

Le cas des studios d’animation

Comme vous avez pu vous en rendre compte, les studios d’animation (A1 Pictures, madhouse, etc) ne sont pas inclus dans la liste des membres du comité de production. C’est tout simplement qu’ils n’en font pas partie ! Ce sont des exécutants qui viennent réaliser le travail qu’on leur a demandé et qui n’ont que rarement droit à la parole avant la phase de réalisation. Il existe tout de même quelques exceptions à la règle. Les plus marquantes sont SHAFT qui, grâce à sa longue collaboration avec Aniplex, peut s’exprimer lors des réunions du comité de production ; Sunrise sur Gundam et ufotable qui collabore avec Notes. de manière suffisamment étroite pour faire partie du comité de production des animes qu’il va réaliser. Il arrive parfois que certains studios fassent partie du comité de production pour des animes sur le long-cour mais c’est surtout pour pouvoir prendre des décisions sans devoir se référer systématiquement au comité. KyoAni et Ghibli (mais les deux studios sont incroyablement similaires) sont des cas à part puisqu’ils sont eux-mêmes des maisons de production en plus d’être un studio d’animation. Le reste du temps, c'est-à-dire pour 90% des animes réalisés, le studio ne fait pas partie du comité de production et c’est le réalisateur (qui appartient au studio) qui va faire le lien entre le studio et le comité de production. Mais j’y reviendrai.

Les apports financiers

Tous les membres précédemment cités vont se réunir et il va être l’heure de parler argent. Faire un anime coûte cher et l’argent est mis dedans avant la réalisation de celui-ci. Les différents membres du comité de production vont décider combien ils vont donner à l’anime. C’est, très logiquement, un pari puisqu’il est difficile de savoir à l’avance la réussite d’un anime. En plus de l’apport des sous pour la réalisation d’un anime, le comité de production va décider de la difficile répartition des droits, c'est-à-dire qui va pouvoir exploiter la série et comment, et des dividendes, c'est-à-dire comment vont leur revenir le chiffre d’affaires, sur l’anime et sur les produits dérivés. Et là, c’est une tâche loin d’être évidente puisque bien évidemment chacun veut se tailler la part du lion. Il n’y a ici pas de généralités et chaque anime est différent et a ses propres spécificités.

Une fois que les questions d’apport du budget (qui amène combien), de droits (qui possède telle partie de la licence) et de dividendes (qui va récupérer quel pourcentage du chiffre d'affaires) ont été réglées, le comité de production va choisir le studio d’animation qui va réaliser l’anime. C’est une action qui arrive assez tard puisqu’entre le moment où l’un des membres du comité de production a décidé de réaliser un anime et le moment où le studio d’animation a été choisi, il se passe entre plusieurs mois et un an. C’est la raison pour laquelle un anime est toujours annoncé bien avant que le studio et le staff soient annoncés.

Il faut savoir que seuls 50% de l’argent donné par le comité de production va au studio, le reste va au merchandising, au marketing et à tout ce qui peut sembler annexe et que nous Occidentaux ne voyons pas forcément. Pour donner quelques exemples de chiffres, les comités de production ont versé au studio qui s'est occupé de l'animation (donc chiffre hors merchandising et marketing) : 301 millions de yens sur le premier Macross (réévalué au Yen de 2011), 136 millions pour Evangelion, 1 milliard 555 millions sur Gundam SEED DESTINY (qui est l'un des animes les plus coûteux jamais réalisé), 260 millions pour Gurren Lagann, 756 millions pour Dennou Coil et 387 millions pour la première saison de Gundam 00.

Une fois le studio choisi, celui-ci ne va plus avoir qu'un role de supervision et la majorité du travail sera réalisé par le studio d'animation. C’est le studio choisi par le comité qui ira choisir les principaux membres constituants de l’équipe. Cela peut être aussi bien des volontaires qui tiennent absolument à faire partie de la réalisation d’un anime que des personnes tout simplement disponibles à ce moment. Ce sont souvent des personnes internes au studio qui vont prendre les principaux postes de réalisation d’un anime mais j’y reviendrai dans un prochain post.

Et c'est tout pour cette semaine. La semaine prochaine, je parlerai des retombées d'un anime et je reviendrai plus en détail sur les différents créneaux de diffusion pour les animes à la télé japonaise.
Modifié en dernier par Yokathaking le Mar Fév 03, 2015 12:40 pm, modifié 8 fois.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar retarded_fly » Lun Sep 08, 2014 11:07 pm

Ok.
Des choses que je savais globalement (anime = pub, que le comité venait avant le studio,...), mais d'autres que je ne savais pas (que les chaines faisait aussi parti du comité) ou que je m'étais trompé (je pensais que, même une fois que le comité avait choisi le studio, il continuait de le harceler tout le long de la fabrication)

Enfin merci pour ces détails !

Sinon je vais pas m'amuser à énumérer tous les cas rares/exceptionnels.
Je ne vais pas chipoter, doit il y en avoir un certain nombre. Je pense par exemple là vite-fait à Level E qui adapte un manga des 90's, ou quand l'anime devient bien plus populaire que le support pour qui il fait de la pub (nanoha) mais :
Il peut arriver que les pantomimes de fans d'une licence puissent faire réfléchir un producteur à l’éventualité d’une suite/adaptation ? Tu donnes par exemple celui de aroui S3. Il n'y a plus rien à promouvoir comme tu dis, mais les retombées (audience, BD, merchandising) d'une licence aussi populaire ne suffirait pas au delà de tout aspect publicitaire ?
Enfin je parle de aroui S3, mais c'est valable aussi les autres.
Quid des OAV ? (à moins que tu en parles dans tes prochaines explication)

Sinon cela m'intrigue un peu :
Yokathaking a écrit :
Une fois le studio choisi, ce n’est plus du ressort du comité de production. C’est le studio qui ira choisir les principaux membres constituants de l’équipe.

Parce que bon, le comité discute sousous et dividendes auparavant. Mais si par exemple la maison de disque mets pas mal d'argent sur la table, n'a t-elle pas son mot à dire durant la production de l'anime pour qu'ils ne foirent pas ce point ? Font-ils des contrôles ou il y a t-il quelqu'un dans le studio traditionnellement lié à la communication et à la vérification entre le studio et le comité (interne au studio ou venant du comité) ?

Aussi si le studio ne fait qu’exécuter et ne touche pas au fric (je simplifie) comment ce fait-il qu'il y ai des studio qui se chient violemment dessus financièrement (je pense à Gonzo) ?

Merci ! :mio2:
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Yokathaking » Lun Sep 08, 2014 11:53 pm

retarded_fly a écrit :Il peut arriver que les pantomimes de fans d'une licence puissent faire réfléchir un producteur à l’éventualité d’une suite/adaptation ? Tu donnes par exemple celui de aroui S3. Il n'y a plus rien à promouvoir comme tu dis, mais les retombées (audience, BD, merchandising) d'une licence aussi populaire ne suffirait pas au delà de tout aspect publicitaire ?

Pas pour un anime. Par contre, c'est le Pachinko qui récupérer la licence. Je ne sais pas si tu as été au courant du Haruhi Hunting qui a eu lieu cet été où il fallait trouver les 700 et quelques dessins composant un mini-OAV d'Haruhi. Eh bien c'était pour promouvoir le lancement de Pachinko Haruhi. Et le pachinko, je peux te garantir que ça rapporte énormément de thunes.

Sinon cela m'intrigue un peu :
Yokathaking a écrit :
Une fois le studio choisi, ce n’est plus du ressort du comité de production. C’est le studio qui ira choisir les principaux membres constituants de l’équipe.

Parce que bon, le comité discute sousous et dividendes auparavant. Mais si par exemple la maison de disque mets pas mal d'argent sur la table, n'a t-elle pas son mot à dire durant la production de l'anime pour qu'ils ne foirent pas ce point ? Font-ils des contrôles ou il y a t-il quelqu'un dans le studio traditionnellement lié à la communication et à la vérification entre le studio et le comité (interne au studio ou venant du comité) ?

Well, ce n'est pas aussi extrême dans la réalité. J'en parle de toute façon par la suite mais le comité de production prend encore énormément de décisions une fois le studio choisi. Tout ce qui est composition de la série, script, charadesign, etc doit être validé par le comité de production. Mais je reviendrai là-dessus plus en détail lundi en 14. Fin j'ai quand même édité mon message.

Aussi si le studio ne fait qu’exécuter et ne touche pas au fric (je simplifie) comment ce fait-il qu'il y ai des studio qui se chient violemment dessus financièrement (je pense à Gonzo) ?

Woh attention, le studio reçoit le fric. Ce n'est pas le comité de production qui va payer le réalisateur, les animateurs et co. Le comité de prod va filer les thunes au studio et après, c'est à lui de se démerder. Donc si le studio gère mal les sous, c'est la défaite. Mais attention, la première cause d'un studio qui se chie, c'est le management puis le temps. Le budget c'est assez négligeable dans l'absolu. Mais encore une fois, j'y reviens plus en détail dans un prochain billet.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Smog ShadowSeth » Mar Sep 09, 2014 4:10 pm

Un anime, c’est de la publicité. C’est avant tout une manière de promouvoir une œuvre qui existe déjà ou qui va exister. C’est le point le plus important à retenir puisque l’écrasante majorité de la production est bâtie autour de ce point-là. Si une œuvre connue est adaptée, c’est pour booster ses ventes. Si une œuvre inconnue est adaptée, c’est pour la faire connaitre. Un anime, c’est uniquement de la publicité, comme ce que vous pouvez voir en allumant classiquement votre poste de télévision dans votre maison. De la publicité extrêmement ciblée, avec ses propres codes, mais cela reste avant tout un outil de promotion.


Je me doutais de ce point là depuis un bon moment mais ai toujours refusé d'y croire entièrement à cause d'un détail: si les animes ne sont que de la pub glorifiée, pourquoi les ayant-droits tiennent-t-ils absolument à restreindre leurs diffusions sur les réseaux pirates (que ça soit au japon ou à l'étranger via le fansub)? Le but d'une pub est d'être vue par la plus grande audience possible afin de maximiser le retour sur investissement de celle-ci, non? On pourrai arguer dans le cas de l'étranger que les gaijins n'ont pas accès aux plates-forme d'achat des produits dérivés sur lesquels reposent le modèle économique; mais aujourd'hui avec AmiAmi, HLJ, CD Japan voire Amazon Japon et consorts, c'est un faux problème.

Je précise que je ne suis pas de ceux qui estiment que le piratage est un "droit" quelconque que l'on devrai appliquer sans réfléchir, mais plutôt de ceux qui se demandent s'il est vraiment nécessaire d'être aussi borné lorsque cela créé une situation plutôt à l'avantage des auteurs/producteurs...

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Docteur Nock » Mar Sep 09, 2014 4:24 pm

Réponse fantasmagorique de ma part, c'est de la pure hypothèse sans aucun fondement réel, car j'ignore le milieu.

C'est de la pub pour des produits qui ne sont souvent pas disponibles en dehors du Japon.
Mais l'anime en lui-même est un produit, et même s'il sert surtout de publicité, on peut toujours le vendre à l'étranger.

Si tu vends ton anime / ta pub' à un éditeur, c'est tout bénéf' pour toi : il va payer pour les droits de reproduction et de diffusion.
Le fansub, à l'inverse ne te rapporte rien.

Ta pub peut-être diffusée à l'étranger et de rapporter de la thune parce que les fans étrangers qui suivent le fansub vont importer tes produits, mais elle peut aussi être diffusée légalement, te rapporter un peu de thunes supplémentaires et tout de même d'apporter des fans hardcore étrangers qui commanderont tes produits.

Après peut-être aussi que les ayants-droits se préoccupent assez peu du marché internationale. On a vu Bandai Entertainment fermer ses antennes européennes et américaines, il faut croire que le jeu n'en valait pas la chandelle.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Yokathaking » Mar Sep 09, 2014 4:36 pm

Comme dit Nock, c'est tout simplement parce que le simulcast et la diffusion à l'international ramènent de l'argent. Pas énormément bien sûr, impossible de financer un anime entier juste en vendant la série à Crunchyroll mais c'est un petit plus non négligeable en 2014. Du coup, avoir une série en fansub vient empêcher cet argent potentiel de rentrer et les japonais ne sont pas donc contents.
Cela dit, jusqu'à récemment, la lutte contre le fansub a toujours été beaucoup virulente en occident que venant des japonais puisque l'argent perdu était celui des éditeurs français bien plus que celui des ayants-droits japonais. Cela ne fait que très peu de temps, en fait depuis l'omniprésence de Crunchyroll US qui récupère pratiquement tout, que les japonais ont commencé à se dire que le fansub pouvait tuer la vente des séries à l'international et que ce serait donc bien que cela s'arrête.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Kolya » Mar Sep 09, 2014 4:41 pm

L'omniprésence de Crunchyroll tout court. Il faut bien intégrer une nouvelle réalité du marché, c'est que sur les 35 / 40 licences ramenées aux États-Unis, on en a une bonne moitié disponible avec des sous-titres français, allemands (voire 3/4 des licences pour ces deux langues), portugais et espagnols + quelques licences carrément exclusives au continent européen (et non des moindres, on peut citer Barakamon par exemple, c'est pas une lolsérie nulle et pas chère). Ça joue énormément, c'est plus 35 licences sur un territoire donné, c'est une trentaine de licence dans le monde entier. Les chiffres (et la rentrée d'argent pour les Japs) n'ont absolument plus rien à voir.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Smog ShadowSeth » Mar Sep 09, 2014 6:16 pm

D'accord; j'ignorai que simulcast avait pris suffisamment d'ampleur pour commencer à compter pour les japs, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Mais pour autant que je me souvienne ils étaient toujours opposés au fansub... Mais c'était peut-être simplement par soutient formel aux partenaires étranger exploitant leurs licences à l'époque j'imagine.

Ceci étant dit, cela me permet de rebondir sur une question un peu différente mais qui reste lié au sujet je pense. Le contenu des animes adaptés est, j'imagine, surveillé de prêt par le comité de production qui doit avoir certaines exigences afin de s'assurer que le projet sera rentable. Je crois comprendre que parmi ces demandes se trouve celle d’intégrer du contenu propre à satisfaire certaines franges d'acheteurs fidèles; je pense au fanservice et aux multiples formes qu'il peut prendre (ecchi, moe, mecha, "edgy", etc.). Je n'ai pas de problèmes avec une bonne partie d'entre ces formes, mais je trouve, et je ne pense pas être le seul, que certaines commencent à devenir particulièrement prédominantes. J'ai principalement à l'esprit le fanservice ecchi qui n'épargne même plus les productions destinées aux enfants (Precure...).
J'ai bien conscience que cela est dû à la contraction/staturation du marché avec les acteurs de celui-ci qui se replient sur les "valeurs" sûres, mais j'ai peur qu'a trop vouloir satisfaire ce segment tout même un peu, disons, "spécial" du marché japonais ils ne se ferment des portes sur une potentielle expansion à l’étranger grâce au simulcast maintenant implanté.

J'avoue que je décroche petit à petit des animes/manga à cause de ça; autant à dose raisonnable et quand on a pas l'impression que des passages entier d'une œuvre ont été écrits juste pour ça (épisode des douches/sources chaudes/plage) je n'ai absolument rien contre, autant quand on rencontre le cas sus-mentionné dans une majeure partie des productions cela devient ridicule et difficilement justifiable à des gens extérieurs potentiellement intéressés.

Ma question est donc de savoir si ces comités sont prêts à lever la pédale sur ce type de contenu si jamais les audiences étrangères venaient à prendre de l'ampleur.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar mangakam » Mar Sep 09, 2014 7:04 pm

D'accord; j'ignorai que simulcast avait pris suffisamment d'ampleur pour commencer à compter pour les japs, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Mais pour autant que je me souvienne ils étaient toujours opposés au fansub... Mais c'était peut-être simplement par soutient formel aux partenaires étranger exploitant leurs licences à l'époque j'imagine.


Il existe en ce moment en France 3 éditeur de Simulcast

Wakanim qui existe depuis 2009 licencie des animes ou ya peu de prise de risque , des sortes "Animes Blockbuster" on va dire

Crunchyroll Fr le petit nouveau arriver en octobre 2013 lui c'est simple il prend tout j'aime bien lui donner le surnom de "Rouleau Compresseur de l'anime"

ADN fusion de Kaze et Kana Home video arriver en octobre 2013 aussi mais attention il n'est pas nouveau sur le marcher du simulcast , Kaze avais KzPlay et Kana avais Genzai .

Pour ce qui est de leur politique de distribution de licence d'anime j'ai du mal a les cerner ils prennent un peu de tout aussi

J'avoue que je décroche petit à petit des animes/manga à cause de ça; autant à dose raisonnable et quand on a pas l'impression que des passages entier d'une œuvre ont été écrits juste pour ça (épisode des douches/sources chaudes/plage) je n'ai absolument rien contre, autant quand on rencontre le cas sus-mentionné dans une majeure partie des productions cela devient ridicule et difficilement justifiable à des gens extérieurs potentiellement intéressés.


ça fait 15 ans que je suis des animés et je suis toujours ce genre de cliché Fan-Service ^^ puis il existe des production original même si elle sont minime il y'en a au moins une par saison voir plus

Ma question est donc de savoir si ces comités sont prêts à lever la pédale sur ce type de contenu si jamais les audiences étrangères venaient à prendre de l'ampleur.


Pour moi les animes sont fait pour les japonais point barre a part quelque oeuvre ou il exporte a l'international "Space Dandy"
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Yokathaking » Mar Sep 09, 2014 8:47 pm

Smog ShadowSeth a écrit :J'ai principalement à l'esprit le fanservice ecchi qui n'épargne même plus les productions destinées aux enfants (Precure...).

?
??
???
????
What?
Tu as déjà maté des productions destinées aux enfants ? Genre du PreCure ou du Aikatsu! pour ne citer qu'eux ? Non parce que le fanserv dans les animes pour enfants justement, c'est quelque chose de pratiquement inexistant hein. Je sais pas si tu es juste tombé sur des screenshots sur le net et si ça se trouve, y'avait un pantyshot perdu dans un épisode random mais il n'y a absolument rien de Ecchi dans les animes pour enfants. Mais genre vraiment. Ne serait-ce que parce que les sommes dégagées par PreCure et Aikatsu! sont supérieures à celles générés par l'ensemble des animes du milieu de la nuit sur un an. Sur l'année fiscale 2013, PreCure et Aikatsu ont rapporté à Bandai à eux deux 25.9 milliards de yens. Et sur ses 26 milliards, il y en 23 qui ont été rapportés par les jouets et cartes. Jouets qui sont achetés par les enfants. Enfants qui regardent les animes parce que leurs parents les autorisent à regarder l'anime. Parce que celui n'a, justement, pas de fanservice et est adapté à un public d'enfants. Sérieusement, les otakus par rapport aux séries pour enfants, les producteurs n'en ont tellement rien à cirer. Mais genre vraiment. Donc non, je sais pas d'où tu sors ton affirmation mais pour mater chaque semaine PreCure et Aikatsu!, je te garantis qu'il n'y a pas de fanservice.

Après, si ça se trouve, tu as malheureusement cité PreCure en exemple mais tu pensais à Nanoha ou PRISMA ILLYA et là ouais, y'a du fanserv, parce que pour le coup, c'est pas des séries destinées aux enfants. Pire, Nanoha à la base, c'est juste un spin-off de la série d'Eroge Triagle Heart et l'anime n'existait à la base que pour faire de la pub pour le VN. Bon, au final, Nanoha a complètement explosé en popularité Triangle Heart qui est tombé dans l'oubli le plus total.

ils ne se ferment des portes sur une potentielle expansion à l’étranger grâce au simulcast maintenant implanté.

Hahaha, si tu pouvais savoir à quel point ils s'en foutent pour les séries pour enfants type PreCure ou Aikatsu!. Le simulcast existe en grande partie parce que ça rapporte des thunes en plus sur lequel le comité de production ne crache absolument pas. Mais quand une série te rapporte de l'ordre de la dizaine de milliard de yens, récupérer vaguement un peu d'argent en plus mais ils s'en moquent complètement. Si y'a pas de simulcast de PreCure ou Aikatsu en Occident, c'est juste parce que Bandai Visual n'a en rien besoin de sous sur ses séries, pas parce que y'a de l'hypothétique fanserv.

J'avoue que je décroche petit à petit des animes/manga à cause de ça; autant à dose raisonnable et quand on a pas l'impression que des passages entier d'une œuvre ont été écrits juste pour ça (épisode des douches/sources chaudes/plage) je n'ai absolument rien contre, autant quand on rencontre le cas sus-mentionné dans une majeure partie des productions cela devient ridicule et difficilement justifiable à des gens extérieurs potentiellement intéressés.

Le fanserv a toujours été présent hein. Prend un anime de mecha random des années 80, un dont t'as jamais entendu parler de préférence, et mate-le, tu verras que y'a tout autant de fanserv qu'en 2014. Et y'a suffisament d'animes qui sortent chaque saison pour pas avoir besoin de mater ceux remplis de fanserv. Juste cette saison, y'a Aldnoah.Zero, Ao Haru Ride, Barakamon, Haikyuu!!, Nozaki-kun, Hanayamata, JOJO, Space Dandy et Zankyou no Terror. Après, tu peux me dire "Oui mais dans [anime X que je viens de citer], y'a une scène de douche !" ou "Y'a plein de fanserv Yuri !" ou "Les fujoshi shippent deux persos ensemble" et ce sera potentiellement vrai mais un anime sans aucun fanservice (dans son sens le plus absolu, c'est à dire quelque chose qui fait plaisir aux fans), je ne pense pas que ça existe et si ça existe, ça doit limite être une oeuvre expérimentale qui ne peut être vu que par Bouddha.

Ma question est donc de savoir si ces comités sont prêts à lever la pédale sur ce type de contenu si jamais les audiences étrangères venaient à prendre de l'ampleur.

Aucune idée. Je suis juste un fan hein. Je sais que je m'y connais plus que la moyenne en animation japonaise mais jusqu'à présent, je n'ai jamais fait parti du comité de production d'une oeuvre d'animation japonaise. Ou alors, je suis pas au courant :'D
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Caradryan » Mar Sep 09, 2014 8:57 pm

je découvre le Comité de production merci pour les infos :kobato:
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Elwingil » Mer Sep 10, 2014 12:27 am

mangakam a écrit :Pour moi les animes sont fait pour les japonais point barre a part quelque oeuvre ou il exporte a l'international "Space Dandy"

Je trouve quand même cet avis sacrément réducteur et peu réfléchi (avec tout le respect que je te dois), en particulier après le pavé qu'a sorti Yoka. Dans le monde des médias d'aujourd'hui, tu ne lances pas de production en voulant te limiter exclusivement à un public restreint, si tu peux toucher l'étranger, tu t'en prives pas. Même si tu fais un film aux références clairement orientales, il peut très bien marcher en occident, à l'exemple du Voyage de Chihiro.

Yokathaking a écrit :mais un anime sans aucun fanservice je ne pense pas que ça existe et si ça existe, ça doit limite être une œuvre expérimentale qui ne peut être vu que par Bouddha.

Il n'y a pas de fan-service dans Serial Experiment Lain :jospin:

Yoka, par rapport aux propos de Smog, je pense qu'il entend le terme ecchi dans un sens très large pour désigner toute situation ou image plus ou moins osée, allant d'un sein ostensiblement exposé jusqu'à un panty shot, n'importe quoi pouvant amener le spectateur lamda à espèrer pendant 1seconde qu'il n'y a personne qui regarde par dessus son épaule.
Car pour un public peu habituée aux différents genre de la japanimation et souvent attaché au concept très occidentale "dessins animés = jeunesse", un rien peut surprendre.

Un exemple tout bête, quand mon petit frère regardait Bleach sur la 17 : ma mère qui avait jeté un coup d’œil en passant me dit qu'elle a remarqué la présence d'une femme au décolleté, si ce n'est la poitrine, des plus avantageux (j'ai nommé Matsumoto), et qu'elle trouvait ça pas forcément très adapté dans une série destiné à un jeune public. Le "jeune" n'a rien de conséquent, ma chère maman reconnait quelques fois sur le ton de la plaisanterie qu'elle est un peu vieux jeu et conservatrice, mais quand elle a des mômes dans sa classe de primaire qui lui dit regarder Bleach ou One Piece, elle tique.
_
Le terme fan-service est tout de même à relativiser dans le cadre d'une production pour enfants, car ils ne sont pas forcément réceptif à toute allusion grivoise ou images subliminales sexuelles. Le point est correctement abordé pour autant que je m'en souvienne dans la PauseManga de MisterEnzor (vers 6:30 en particulier). La logique serait qu'il ne sert à rien de mettre une scène de bain commune dans un animé de ce type, puisque les enfants n'y verront rien d'excitant ; mais reconnaissez qu'on a jamais refusé de voir Ondine en bikini quand Pokemon passait le matin de nos 7 ans (en ce qui me concerne, tout du moins).

Pour conclure, parallèle avec la production occidentale : le public enfant peut être visé, les adultes peuvent tout à fait le regarder et y voir des choses. Maxaoh me parlait il y a peu de cette fameuse scène dans le Roi Lion (L'amour brille sous les étoiles...), le regard que lance Nala à Simba prend un sens tout nouveau quand on le regarde avec l'âge.

Et merde, je pensais pas causer aussi longtemps :kobato:
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar mangakam » Mer Sep 10, 2014 12:46 am

Je trouve quand même cet avis sacrément réducteur et peu réfléchi (avec tout le respect que je te dois), en particulier après le pavé qu'a sorti Yoka. Dans le monde des médias d'aujourd'hui, tu ne lances pas de production en voulant te limiter exclusivement à un public restreint, si tu peux toucher l'étranger, tu t'en prives pas. Même si tu fais un film aux références clairement orientales, il peut très bien marcher en occident, à l'exemple du Voyage de Chihiro.


Tu va quand même pas me dire que la plupart des animes japonais qui sort ne sont pas réserver pour eux ,80 % pour le japon et 20 % pour l’international ou cite moi des animes de cette saison (ah part Space Dandy) qui sont pour les occidents
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Elwingil » Mer Sep 10, 2014 12:52 am

J'ai pas dit "à destination du public occidentale", justement. Ce n'est peut-être pas le sens que tu y mettais, mais ta phrase sonnait comme si les japonais ne voyaient aucun intérêt à exporter leur culture, et ça, toujours dans le cadre médiatique et à l'ère du numérique où l'information circule sous toutes les formes d'un bout à l'autre de la planète sans contrainte, c'est pas l'avis le plus pertinent qu'on puisse avoir.
Et je te contredis encore sur l'expression "réservé pour eux".
La stratégie marketing s'applique aussi bien avant qu'après la production : public premier et dérivation possible.

Edit : explique moi comment les conventions - en France entre autres - arriveraient à inviter des personnalités (auteur, seiyuu, dessinateur...) si les nippons se désintéressaient totalement de l'impact que peut avoir leurs productions à l'étranger ?
Modifié en dernier par Elwingil le Mer Sep 10, 2014 12:57 am, modifié 1 fois.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar mangakam » Mer Sep 10, 2014 12:56 am

Oui tu n'a pas tord surtout quand on voit l'opération MAG contre le piratage on voit l’intérêt que porte le japon au secteur de l'animation a l'occident
Modifié en dernier par mangakam le Mer Sep 10, 2014 1:01 am, modifié 1 fois.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Smog ShadowSeth » Mer Sep 10, 2014 12:57 am

What?
Tu as déjà maté des productions destinées aux enfants ? Genre du PreCure ou du Aikatsu! pour ne citer qu'eux ? Non parce que le fanserv dans les animes pour enfants justement, c'est quelque chose de pratiquement inexistant hein. Je sais pas si tu es juste tombé sur des screenshots sur le net et si ça se trouve, y'avait un pantyshot perdu dans un épisode random mais il n'y a absolument rien de Ecchi dans les animes pour enfants. Mais genre vraiment. Ne serait-ce que parce que les sommes dégagées par PreCure et Aikatsu! sont supérieures à celles générés par l'ensemble des animes du milieu de la nuit sur un an. Sur l'année fiscale 2013, PreCure et Aikatsu ont rapporté à Bandai à eux deux 25.9 milliards de yens. Et sur ses 26 milliards, il y en 23 qui ont été rapportés par les jouets et cartes. Jouets qui sont achetés par les enfants. Enfants qui regardent les animes parce que leurs parents les autorisent à regarder l'anime. Parce que celui n'a, justement, pas de fanservice et est adapté à un public d'enfants. Sérieusement, les otakus par rapport aux séries pour enfants, les producteurs n'en ont tellement rien à cirer. Mais genre vraiment. Donc non, je sais pas d'où tu sors ton affirmation mais pour mater chaque semaine PreCure et Aikatsu!, je te garantis qu'il n'y a pas de fanservice.


Il faut donc croire que les utilisateurs des réseaux sociaux sont particulièrement doués pour ne capturer que ces rares moment alors, parce que c'est quasiment tout ce que j'ai vu lorsque je croisais du screenshot de precure... Car effectivement, je me basais là dessus pour mon affirmation, mea culpa.

Hahaha, si tu pouvais savoir à quel point ils s'en foutent pour les séries pour enfants type PreCure ou Aikatsu!.


Je ne parlais pas spécialement des séries pour enfants; je me doute bien qu'avec les sommes que doivent brasser ces grosses licences au japon, ils s'en foutent de l'étranger. Je pensais plus aux autres productions ayant des audiences bien plus modestes, qui elles ne rechignent pas sur les revenus supplémentaires générés par le simulcast et auraient tout intérêt à s'étendre d'avantage vu que le marché local est plus que saturé.

Le fanserv a toujours été présent hein. Prend un anime de mecha random des années 80, un dont t'as jamais entendu parler de préférence, et mate-le, tu verras que y'a tout autant de fanserv qu'en 2014. Et y'a suffisament d'animes qui sortent chaque saison pour pas avoir besoin de mater ceux remplis de fanserv. Juste cette saison, y'a Aldnoah.Zero, Ao Haru Ride, Barakamon, Haikyuu!!, Nozaki-kun, Hanayamata, JOJO, Space Dandy et Zankyou no Terror. Après, tu peux me dire "Oui mais dans [anime X que je viens de citer], y'a une scène de douche !" ou "Y'a plein de fanserv Yuri !" ou "Les fujoshi shippent deux persos ensemble" et ce sera potentiellement vrai mais un anime sans aucun fanservice (dans son sens le plus absolu, c'est à dire quelque chose qui fait plaisir aux fans), je ne pense pas que ça existe et si ça existe, ça doit limite être une oeuvre expérimentale qui ne peut être vu que par Bouddha.


Encore une fois, il ne s'agit pas de jouer les puritains et d'éradiquer le fanservice. Je me place dans la perspective d'une possible expansion à l'étranger, et l'image des animés chez les non-connaisseurs reste en partie celle d’œuvres limites pornos qui ne s'assument pas à cause de ça, et ce n'est pas la quantité non-négligeable d'anime à fanservice qui sort à chaque saison qui va inverser cette tendance de sitôt. C'est un déficit d'image réel qu'il faut prendre en compte.

Yoka, par rapport aux propos de Smog, je pense qu'il entend le terme ecchi dans un sens très large pour désigner toute situation ou image plus ou moins osée, allant d'un sein ostensiblement exposé jusqu'à un panty shot, n'importe quoi pouvant amener le spectateur lamda à espèrer pendant 1seconde qu'il n'y a personne qui regarde par dessus son épaule.
Car pour un public peu habituée aux différents genre de la japanimation et souvent attaché au concept très occidentale "dessins animés = jeunesse", un rien peut surprendre.


C'est exactement ça, cf ma réponse la quote précédente.

Smog.

Edit: typo derp.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Elwingil » Mer Sep 10, 2014 1:03 am

Smog ShadowSeth a écrit :Je ne parlais pas spécialement des séries pour enfants; je me doute bien qu'avec les sommes que doivent brasser ces grosses licences au japon, ils s'en foutent de l'étranger. Je pensais plus aux autres productions ayant des audiences bien plus modestes, qui elles ne rechignent pas sur les revenus supplémentaires générés par le simulcast et auraient tout intérêt à s'étendre d'avantage vu que le marché local est plus que saturé.

Pendant 1 seconde, j'ai cru que t'étais en train de démolir ce que j'avais en tête depuis le début de mon intervention sur le topic :kanna:

Smog.

Edit: typo derp.

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Amo » Mer Sep 10, 2014 2:16 am

Oui enfin ceux qui résument l'animation japonaise à des panty shots de collégiennes c'est sans doute les mêmes qui résument le cinéma américain à des explosions dans tous les sens.
A un moment si des gens font le choix de ne pas s'intéresser à une culture par manque d'ouverture ou par généralisation, c'est leur problème et ce n'est pas à cette culture de s'adapter à leurs goûts en modifiant leurs "particularités." Plus largement, j'en viens à penser que ce genre de comportement témoigne juste d'une sorte d'égocentrisme culturel inconscient. Genre "c'est différent, lol."


Plus largement et plus sérieusement, les ouvrages japonais qui mettent le focus sur les panty shots ou sur une forme particulière de fanservice ecchi ça reste pour la majorité des cas des animés qui ne cherchent pas particulièrement à s'exporter. Attention je met l'emphase sur "qui ne cherchent pas" ce qui ne veut pas dire que si un éditeur occidental quelconque veut sortir des thunes pour choper la licence ils vont dire "non non." Pour eux ça sera un bonus mais l'impact de leur produit sur le marché étranger, ils s'en foutent. Ils veulent toucher un public bien précis et bien niché. Genre les mecs qui ont fait ImoCho ou Super Sonico, ils s'en foutent de savoir ce que le public français pensent de leur truc, ils veulent toucher l'otaku japonais mâle adulte et son portefeuille pour les goodies, les BR, les LN etc etc.


Par contre dès que tu entres dans un anime qui se veut plus "global" ou qui veut toucher un public japonais plus large que 3/4 otakus, ça commence évidemment à ne plus être aussi présent que ça. Quand je lis les posts de Smog je pense qu'il fait clairement référence à Kill la Kill, non ? Kill la Kill c'est un truc qu'on visualise comme étant clairement à visée internationale, vu ses références, son marketing, son style... alors pourquoi des adolescentes à moitié à poil, tout le temps ? Est-ce que ça dessert pas l'image de la japanimation ? Est-ce que la série aurait pu devenir le porte étendard de l'animation japonaise en France sans ça ?

Alors... non.

Car dans Kill la Kill ce fanservice a un sens, et il est clairement assumé. Les règles sont posées, pour ainsi dire, dès le départ. Y'a pas de "tromperie." Tu sais que tu vas mater un animé visuellement barré dans lequel le fanservice fait partie intégrante (d'autant qu'il est justifié et expliqué mais ça c'est un autre long débat.) Le fanservice ne surprend pas et c'est le plus important. Ca fait partie d'un ensemble graphique, visuel et scénaristique accepté aussi bien par le spectacteur que l'observateur. A partir de là c'est au spectacteur de faire le choix mais il n'y aura pas de surprise.

Alors oui c'est une série qui pourrait toucher un public encore plus large si on réduisait les peaux exhibées... mais ça n'aurait pas forcément du sens ! Parce que Kill la Kill vise un public précis (15-30 ans, tous sexes, fan d'animation occidental/oriental) et ne cherche pas à s'étendre davantage de cette cible. Et du coup c'est normal que les personnes en dehors de cette cible développe des préjugés vis à vis de cet animé et, par extension, envers l'animation japonaise toute entière.

Et c'est une chose naturelle. Je veux dire, prenez quelque chose dont vous n'êtes pas la "cible". N'importe quoi. Un truc que vous connaissez peu et pour lequel vous développez vaguement une méfiance et quelques préjugés sortis de rares expériences. Je sais pas. Genre moi par exemple j'y connais rien en drama japonais. Mais vraiment rien. Mes 2/3 expériences avec le sujet j'en ai juste le souvenir d'acteurs qui surjouent leur race de manière abominable cosplayés en héros de mangas. Pourtant le drama c'est sans doute infiniment plus profond que ça. Mais j'ai pas l'envie ou la volonté d'aller plus loin parce que je supporte pas l'acting des acteurs japonais.

Est-ce que pour autant les japonais doivent se mettre à jouer comme les américains ?
D'un coup ça leur ouvrirait un nouveau public, c'est sûr.
De l'autre ils perdraient leur "spécificité". Celle qui fait qu'aujourd'hui beaucoup d'occidentaux adorent les dramas malgré le fait que 95% du reste de la population soit s'en fout soit déteste.
Donc c'est un équilibre à trouver, en somme.

Bref si quelqu'un résume l'animation japonaise à "yamate kudasai collégiennes tentacules" parce que de l'animation japonaise il est pas allé plus loin que les gags du joueur du grenier c'est son problème, fatalement.
Mais de l'autre coté faut pas le prendre pour un débile: je crois qu'il n'ignore pas l'existence de Ghibli, qu'il sait que l'animation japonaise peut aller plus loin que des tentacules. Après c'est son choix de s'en foutre totalement et de continuer à penser que animé = tétés.
C'est son problème.

Mais je pense que faut arrêter de vivre dans un certain complexe d'infériorité...
L'animation japonaise c'est pas plus con, pas plus violent ou pas plus "fanservice" que le reste. Pour peu qu'on prenne un minimum de recul on s'en rend compte. C'est juste que le traitement de la violence ou du fanservice est différent parce que nos cultures sont différentes. Mais ces barrières culturelles elles existent et elles sont difficiles à éviter, à la fois pour le créateur et le spectacteur.
Mais plus largement tant que même les fans d'animation japonaise auront presque honte de mater de l'animation japonaise, ça avancera pas les moeurs sur le sujet. Pire, plus on restera discret là dessus, plus les rumeurs et les préjugés pourront se déchaîner librement. Donc, bon...

Enfin voilà pardon du décalage de sujet, un peu.

PS: D'ailleurs pour reparler business le VRAI souci qui ghettoise l'animation japonaise en Occident c'est le prix des coffrets et le peu de "lisibilité" des offres VOD légales. Y'a pas de "Netflix" de l'animation japonaise - tout est disséminé entre trois éditeurs qui sont pas uniformisés sur les tarifs et les méthodes de matage entre abonnements, paiement à l'unité, gratuité pendant un mois, gratuité à partir d'une semaine... - , les coffrets coutent des bras chez nous parce que ça coute des bras au Japon et que les japonais flippent d'avoir des pays qui proposent des coffrets moins chers que chez eux ce qui du coup fait que l'animation japonaise tu paies 60 boules pour 13 épisodes alors que pour le même prix tu as trois saisons d'une série américaine récente. D'où la perception par le public d'un loisir "élitiste." Et fun fact: quelque chose d'élitiste est rarement bien vu.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Scribe » Mer Sep 10, 2014 2:04 pm

J'ai pas grand chose à dire sur le point fanservice étant donné que j'ai souvent tendance à ne pas le voir ou passer à côté... ça ne me fait pas beaucoup d'effet... (trop blasé ? Habitué ?)

Merci pour la présentation très claire et très compréhensible, c'était intéressant quoiqu'il en soit.

Je voulais revenir sur le point animé = publicité. C'est le cas et ça j'en suis tout à faire d'accord, un animé est un outil promotionnel, néanmoins tout de même... On n'adapte pas n'importe quoi. Je me rappelle pour prendre l'exemple de Bakuman que les auteurs voulaient vraiment un animé pour leur manga, que c'était une sorte de but premier à atteindre... ce qui peut signifier que afin d'avoir un animé le manga doit être d'une assez bonne qualité et avoir une bonne promesse de longévité afin d'avoir le matériel.

Je suppose que les producteurs des animés doivent quand même s'intéresser aux droits de certains manga, que ce ne sont pas les auteurs qui viennent chercher la publicité. Pour m'expliquer plus clairement, je vois que les producteurs vont chercher des bons manga pour faire une bonne publicité ? La question que je me pose est que je ne sais pas si au final les manga ne font pas parfois la publicité d'un animé...
Ils cherchent la bonne vente des DVD, des bluray... de ce fait ils utilisent du bon matériel et espèrent peut être pouvoir jouer sur la popularité du support pour faire vendre.
J'ai conscience que souvent ça sert à faire connaitre l’œuvre à un plus large public, mais j'ai quand même du mal à croire que c'est le seul but... quand les producteurs ont décidé d'adapter Shingeki no Kyojin, ils n'ont quand même pas fait ça au hasard je subodore.

Le manga avait déjà des ventes très bonnes, donc ce n'est pas pour rien qu'ils n'ont pas lésiné sur les moyens. Effectivement ça a donné une publicité énorme au manga, mais elle aurait été si bien faite si le manga n'était pas assuré d'apporter de base une bonne publicité à l'animé lui-même ?
Je pense que parfois ça fonctionne à double-sens en fait... sinon à quoi bon faire des saisons 2... une bonne saison 1 pour lancer la machine suffirait...
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Yokathaking
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Yokathaking » Mer Sep 10, 2014 2:38 pm

Scribe a écrit :Je me rappelle pour prendre l'exemple de Bakuman que les auteurs voulaient vraiment un animé pour leur manga, que c'était une sorte de but premier à atteindre...

Yup. Mais attention, dans mon post, je parle du comité de production de l'anime et de ses choix, pas du mangaka/écrivain. Je suis entièrement d'accord que, pour le créateur de l'oeuvre originel, avoir un anime c'est une sorte d'étape dans sa vie et qu'il doit donc se réjouir grandement de l'annonce de l'adaptation.

Je suppose que les producteurs des animés doivent quand même s'intéresser aux droits de certains manga, que ce ne sont pas les auteurs qui viennent chercher la publicité. Pour m'expliquer plus clairement, je vois que les producteurs vont chercher des bons manga pour faire une bonne publicité ? La question que je me pose est que je ne sais pas si au final les manga ne font pas parfois la publicité d'un animé...

Ouais et ouais. Un anime a pour but de rendre populaire une oeuvre inconnu (genre NO GAME NO LIFE) ou de rendre très populaire une oeuvre qui est déjà populaire (genre Shingeki no Kyojin). C'est sûr que si ton manga fait à peine quelques centaines de vente par tome, il va vite se faire arrêt... il ne va sûrement pas avoir droit à une adaptation anime. Bon, y'a quelques contre-exemples, forcément, genre Isshukan Friends qui vendait pratiquement que dalle avant l'anime et personne ne sait vraiment pourquoi quelqu'un a pris la décision de l'animer. Bon, au final, ce fut un pari gagnant parce que le 6e tome du manga (sorti pendant la diffusion) a dépassé les 120 000 ventes, ce qui est énorme quand on sait que le tome 5 ne s'était même pas vendu à 10 000 exemplaires. Donc tout est bien qui finit bien.

Ils cherchent la bonne vente des DVD, des bluray...

Je vais te répondre non et je vais te laisser attendre jusqu'à lundi prochain puisque je vais justement revenir en détail sur les retombées d'un anime.

Je pense que parfois ça fonctionne à double-sens en fait... sinon à quoi bon faire des saisons 2... une bonne saison 1 pour lancer la machine suffirait...

Les saisons 2 sont là pour continuer à avoir de l'actualité autour de l'oeuvre originale. Ou pour promouvoir la sortie d'un jeu. Ou parce que le manga va s'arrêter. Ou parce qu'un spinoff va commencer. Ou parce que l'anime faisait de bonnes audiences. Y'a plein de raisons possibles. Mais une fois que le comité de prod a décidé d'animer un manga/LN, c'est pour utiliser l'anime comme support publicitaire pour le manga/LN originel, quelques soient les raisons qui les ont poussés à adapter l'oeuvre (raisons qui peuvent être la popularité de la dite-oeuvre).
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Nady » Mer Sep 10, 2014 4:53 pm

J'ai lu en diagonale et ça a confirmé ce que je connaissais déjà tout en m'en apprenant un peu plus sur ce qui se passe vraiment dans le milieu. C'est super intéressant même si j'aurais bien aimé plus d'infos sur les figurines (roflmdr on se demande pourquoi).

Quand j'avais posé la question à Kahotan (employée chargée de la communication chez Good Smile Company) concernant les acquisitions de licence et le partage des bénéfices, on m'avait répondu vaguement que ça dépendait vraiment des licences en question. En gros des fois y a pas de royalties (ils achètent une seule fois la licence)... Mais je me demande bien à quel moment ils se décident "ah oui cette série oui oui bien bien bonnes figurines ça ferait !" et surtout comment ils négocient avec ceux qui ont la licence. C'est un peu le flou total. Évidemment, pour ce qui est de Bandai c'est différent vu qu'ils détiennent complètement les séries pour enfant qui deviennent un simple prétexte pour vendre des nouveaux jouets moches et méchants.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar 4th » Sam Sep 13, 2014 4:42 am

c'est dommage de ne pas réserver un véritable encart aux productions originales pour le coup, quand bien même elles seraient "marginales"
qui les finance? quelles sont leur visées? qui est le public cible? est-ce que ça marche? :eup:
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Yokathaking » Sam Sep 13, 2014 11:49 am

4th a écrit :c'est dommage de ne pas réserver un véritable encart aux productions originales pour le coup, quand bien même elles seraient "marginales"
qui les finance? quelles sont leur visées? qui est le public cible? est-ce que ça marche? :eup:

J'en reparle vaguement un peu plus tard mais c'est vrai que je me penche jamais vraiment sur le sujet. Je vais voir si je peux pas écrire un truc précisant un peu les choses de ce côté. Par contre, le est-ce que ça marche, je vais déjà avoir plus de mal à répondre parce qu'il n'y a pas de base pour comparer. Une adaptation dont l'oeuvre originale a vu ses ventes multipliées par trois, tu sais que ça a marché. Une oeuvre originale qui a vendu 5000 galettes, tu peux juste vaguement estimer si ça a marché ou pas vu que les coûts de production sont gardés secret. Genre pour Aldonah.Zero, ce serait un flop monstrueux, pour Zankyou une réussite inespérée. Ping Pong the Animation (qu'on peut pour les besoins du post considérer comme une oeuvre originale parce que le manga est fini depuis 97 et y'avait 0 actualité dessus depuis...97) a vendu 3544 copies de l'unique BluRay sortie et qui contient d'un coup tous les épisodes. Pour une série normale, 3500, c'est vaguement rentable, pour Ping Pong, au vu du prix de la Box et de l'argent investi dedans, c'est des ventes absolument faramineuses.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar 4th » Sam Sep 13, 2014 2:34 pm

wow wow wow, 3500 bluray vendus ça peut être vaguement rentable?
ce nombre semble tellement négligeable!
je réalise que je n'avais jamais réfléchi à la question des coûts de production et des moyennes de distribution, et je me disais connement "ça doit être comparable aux JV ou aux films"

en tout cas, merci pour ces précisions!
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Stanelis » Sam Sep 13, 2014 6:20 pm

Un anime, c’est de la publicité. C’est avant tout une manière de promouvoir une œuvre qui existe déjà ou qui va exister. C’est le point le plus important à retenir puisque l’écrasante majorité de la production est bâtie autour de ce point-là


J'avoue ne pas comprendre comment on peut sortir ça dans un post où justement tu listes tous les gens qui ont un intérêt à ce qu'une œuvre soit adaptée et diffusée sous forme d'anime (et surtout pourquoi) dans la section du comité de production. C'est un peu comme si tu sortais que la dernière production marvel au cinéma/la dernière série adaptée d'un roman ou autre était une publicité pour le comic/le roman/ou autre de base (ie c'est partiellement à coté de la plaque, même si c'est un facteur).

C'est beaucoup plus complexe que ça dans la pratique (il suffit de regarder la partie de ton post sur la composition des comités de direction pour s'en convaincre) et ce n'est qu'une des très nombreuses raisons qu'un anime est sorti.

Les principales raisons qui font que l'écrasante majorité des animes sortis sont des adaptations d'œuvres déjà existantes sont que :

a) C'est grave moins cher d'utiliser un script déjà établi que de tout créer de zero .
b) Il y a déjà une fanbase sur l'œuvre originale donc c'est moins risqué (en termes de retour sur investissement). En général ce sont les manga ou les œuvres qui marchent bien qui sont adaptées. Par exemple une chaine télé serait près à payer très cher pour pouvoir diffuser un truc comme naruto ou pokemon (car ça a un succès énorme et donc ramènerait beaucoup d'audimat). Non parce qu'il ne faut pas oublier qu'une chaine doit diffuser des programmes pour pouvoir exister (c'est une évidence mais je n'ai pas l'impression que ça ait été bien pris en compte dans ton post). A partir de là le choix se porte surtout sur ce qui doit être diffusé dans un créneau donné sur une semaine. Il est probablement moins cher de commander une adaptation de manga bien cheap que de se payer une série innovante avec des acteurs en chair et en os.

Alors oui après il est certain qu'un anime bien fait va pousser les gens à aller voir du coté de l'œuvre de base ou qu'il y aura du merchandising derrière (on parle d'une industrie, le but est de générer de la tune, on ne vit pas d'amour et d'eau fraiche). Mais ce n'est qu'une des raisons parmi d'autres poussant au démarrage d'un projet d'anime (sinon seules les maisons d'édition des œuvres de base paieraient pour sortir un anime, or ce n'est pas le cas). De plus, énormément d'animes sont diffusés sur des créneaux de nuit pendant lesquels on peut raisonnablement affirmer que seul un public averti et motivé (ie connaissant déjà l'œuvre de base) serait en mesure de tomber dessus lors de la diffusion (de ce fait ce n'est pas terrible pour quelque chose qui serait uniquement une publicité).

Par contre là où cette industrie est intéressante est qu'il y a un énorme travail d'équipe pour que le maximum de gens tirent profit d'un anime (spectateurs compris).
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Panpan » Sam Sep 13, 2014 7:58 pm

Tu sembles prendre le problème à l'envers, Stanelis. Une adaptation n'est pas préférée à une œuvre originale pour les raisons que tu avances, car ce choix n'existe pas à la base : un comité de production ne se réunit pas pour décider de ce qu'ils vont financer à telle ou telle saison, il se créé autour d'un projet commercial. Tu réfutes l'idée que la majorité des séries animées aient pour but initial de servir de publicité pour d'autres produits, mais tu ne proposes pas d'autres raisons, ce qui laisse penser que la plupart des comités de production vivent effectivement « d'amour et d'eau fraîche », qu'ils ont simplement envie en première intention de divertir les dizaines de milliers d'otakus. Mais on parle pourtant bien de production, d'argent investi, et les mécènes dans ce milieu doivent se compter sur les doigts d'une main. En France, nous avons été longtemps déconnecté de cette chaîne logique et nous avions le plus souvent les séries animées japonaises sans les œuvres adaptées ou les produits derrière (même si des exemples ont tout de même existé, comme Les Chevaliers du Zodiaque et les figurines Bandai), mais comme l'a déjà écrit Yokathaking :
C’est quelque chose, dont nous français, ne nous rendons pratiquement pas compte puisqu’on a tendance à considérer les animes comme des œuvres par et pour elle-mêmes. On a même bien souvent pas accès au matériel d’origine, ce n’est pas entièrement vrai dans le cas d’un manga mais c’est complètement le cas dès qu’il s’agit d’un Light Novel ou d’un jeu vidéo. Et on regarde donc l’anime comme il nous est présenté puisqu’on peut difficilement faire autrement.

Quand des éditeurs français comme Kurokawa font de la pub pour leurs mangas à travers la diffusion anime, par exemple par le biais d’un bandeau sur la couverture, ou qu’ils calent la sortie du premier volume du manga pendant la diffusion, par exemple sur Akame ga Kill/Red Eyes Sword, on retrouve quelque chose d’absolument similaire au Japon. Les séries dont l’anime est en cours ont des pans de murs qui leur sont consacrés dans les différentes boutiques de japanimation avec de la publicité de partout.


Il ne faut pas non plus mêler comité de production et studio d'animation, c'est peut-être là que tu te mélanges les pinceaux en refusant d'imaginer qu'un animateur puisse avoir en tête de nous influencer à acheter ce light novel moisi qu'il transforme en dessin et en mouvement.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Stanelis » Sam Sep 13, 2014 9:10 pm

Tu sembles prendre le problème à l'envers, Stanelis. Une adaptation n'est pas préférée à une œuvre originale pour les raisons que tu avances, car ce choix n'existe pas à la base : un comité de production ne se réunit pas pour décider de ce qu'ils vont financer à telle ou telle saison, il se créé autour d'un projet commercial. Tu réfutes l'idée que la majorité des séries animées aient pour but initial de servir de publicité pour d'autres produits, mais tu ne proposes pas d'autres raisons, ce qui laisse penser que la plupart des comités de production vivent effectivement « d'amour et d'eau fraîche », qu'ils ont simplement envie en première intention de divertir les dizaines de milliers d'otakus. Mais on parle pourtant bien de production, d'argent investi, et les mécènes dans ce milieu doivent se compter sur les doigts d'une main. En France, nous avons été longtemps déconnecté de cette chaîne logique et nous avions le plus souvent les séries animées japonaises sans les œuvres adaptées ou les produits derrière (même si des exemples ont tout de même existé, comme Les Chevaliers du Zodiaque et les figurines Bandai), mais comme l'a déjà écrit Yokathaking :


Je crois que tu ne m'as pas compris.

Un anime est un produit. A partir de là il faut investir pour le sortir, comme dans toute industrie. Si un anime était juste une publicité mode deluxe seules les maisons d'éditions de l'œuvre originelle paieraient pour financer le projet (et ils paieraient aussi la diffusion sur la chaine de télévision), or ce n'est pas le cas (cf la longue liste des comités de production, les intérêts sont multiples).

un comité de production ne se réunit pas pour décider de ce qu'ils vont financer à telle ou telle saison, il se créé autour d'un projet commercial.


Je n'ai pas dit le contraire. Sauf qu'il est bien plus facile de lancer un projet (ie de financer) sur un script qui a déjà du succès que de monter quelque chose de totalement nouveau (c'est moins cher et moins risqué). Hollywood fonctionne comme ça, les jeux videos fonctionnent comme ça (cf les franchises de 25 ans d'existence, c'est moins risqué de sortir un truc issu de quelque chose qui a déjà eu du succès que de sortir quelque chose de nouveau), les séries télévisées fonctionnent comme ça. Les animes ne sont pas exception à la règle (c'est une industrie comme une autre).

La raison pour laquelle en général les scripts sont déjà élaborés dans les manga/les LN avant atterrir dans les animes (même si parfois les animes donnent naissance à des manga et/ou des LN) est qu'il est moins cher d'éditer des LN/manga que des animes (c'est du bon sens). Du coup il s'agit du cheminement le moins risqué pour un investisseur.

mais tu ne proposes pas d'autres raisons, ce qui laisse penser que la plupart des comités de production vivent effectivement « d'amour et d'eau fraîche »,


Les chaines de télés doivent bien diffuser des choses s'ils veulent que des gens regardent la chaine et engranger du profit à partir de l'abonnement et des publicités (notamment en meublant les créneaux de nuit). Ce sont surtout elles qui font tourner le business.

Je veux dire c'est pareil que toute série télévisée, qu'elles soient américaines, françaises ou européennes. Après oui en fonction des gens dans le comité de direction il peut y avoir de la pub DANS les animes (par exemple on pourrait parler d'AKB0048), mais ça fonctionne exactement comme les publicités à l'intérieur des séries et des films (c'est une mécanique de sponsoring).
Modifié en dernier par Stanelis le Sam Sep 13, 2014 9:30 pm, modifié 1 fois.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Messagepar Kolya » Sam Sep 13, 2014 9:30 pm

Un anime est un produit. A partir de là il faut investir pour le sortir, comme dans toute industrie. Si un anime était juste une publicité mode deluxe seules les maisons d'éditions de l'oeuvre originelle paieraient pour financer le projet (et ils paieraient aussi la diffusion sur la chaine de télévision), or c'est loin d'être le cas.


À l'inverse, si un animé n'était pas une publicité, les productions originales pulluleraient et on n'aurait pas de séries à la Seirei Tsukai no Blade Dance qui adaptent trois tomes au pif d'un light novel / d'un visual novel sans jamais avoir en tête de sortir un jour le reste de la série.

Il suffit de voir le nombre de franchises dont l'adaptation est pourtant très populaire — coucou Haruhi — et qui sont pourtant toujours au point mort. Alors ouais, on a un spin-off de temps en temps (qui par magie sort justement, dans le cas de Nagato-chan, en même temps qu'un produit dérivé), mais malgré la profusion de matériel à adapter, le constat est là : il n'y a rien. Évoquons histoire que ce soit fait la série Full Metal Panic!, je préfère pas compter les tomes restant à adapter.

Ton argument concernant la publicité qui ne toucherait pas à cause du créneau horaire de diffusion oublie que toutes les séries ne sont pas diffusées de nuit. Sur ce point, quatre lignes ici sont assez explicites concernant le créneau Nichigo, par exemple.

Enfin, le point principal sur lequel il y a mésentente, c'est que tu sembles comprendre ce que dit Yoka comme « un animé n'est que de la publicité », alors qu'il dit « qu'avant tout, un animé est de la publicité ». Qu'ils y aient d'autres enjeux derrière une production animée, personne ne le remet en question, sinon un créneau comme noitaminA n'existerait pas, et je ne parle même pas des productions originales ou des stratégies commerciales telles que celle de Kyoto Animation.
La publicité pour l'œuvre originale n'est pas forcément (à mon sens) le point central de toute l'animation, mais le fait est que des productions animées comme Seirei Tsukai no Blade Dance (et elles pullulent, jusqu'à représenter la majorité de ce qu'on nous sert chaque saison) n'ont aucune autre raison d'être que celle-là : faire de la pub au support original.

Là où je te rejoins partiellement, c'est qu'il ne faut effectivement pas tomber dans le prisme du « un animé, c'est de la pub, point », mais ça me semble pas du tout être les propos initiaux de Yoka. En revanche, on peut difficilement comparer ça aux séries US qui n'ont pas, mais alors pas du tout l'air de fonctionner sur le même système économique.
Modifié en dernier par Kolya le Sam Sep 13, 2014 9:34 pm, modifié 1 fois.
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