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Festival d'Avignon : allez-y ou parlez-en

Topic général, un peu bordélique, parfait pour accueillir toutes choses légères et sans prétention.

Modérateur : La Force Poissons

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Elwingil
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Festival d'Avignon : allez-y ou parlez-en

Message par Elwingil » mer. juil. 23, 2014 7:21 pm

Édition 2014 :kirito2:

Et ouais, carrément. Personne n'en parle sur le forum. Serais-je entouré d'ignare ne donnant pas au théâtre l'importance qu'il mérite, et devrais-je les contempler de haut avec superbe et mépris ? :aladdin:

On approche déjà de la fin du festival, et je voulais faire un retour sur les 5 jours de spectacles auxquels j'ai pu assister. Ca pourra éventuellement servir à ceux qui vont y aller pour leur donner quelques pistes (malgré le temps qui reste), ceux qui y sont encore pour enrichir leur programme, ou ceux qui en reviennent pour savoir ce qu'ils ont loupé.
En tout cas quelque soit le public ça me permet de causer, et c'est bien le plus important.

Je ne parlerai pas des intermittents. On a eu une rencontre pour en parler mais j'étais trop crevé pour suivre les explications correctement, malgré leurs intérêts. A noter le discours d'entrée des pièces du IN pastichant la tirade des non-merci de Cyrano :shardis:

__
Le IN justement. Parce que grâce à la directrice du centre culturelle de ma fac (louée soit son nom) notre petit groupe avait d'office les places pour 4 pièces. Hé bein... Comme d'hab chaque fois que je vois du IN (5 ans après la première), je ne suis pas convaincu et reste définitivement peu réceptif à ce genre de théâtre et d'œuvre contemporaine très perchée et emplie de symbolisme. A ma mère qui me demande "pourquoi tu continues à y aller ?", je réponds que le bénéfice du doute se pose toujours, et qu'on ne sait jamais sur quoi on va tomber. J'ai quand même raté une pièce japonaise que je voulais voir à tout prix, Mahabharata-Nalacharitam. Une autre fois peut-être...

- FountainHead (néerlandais surtitré) : ouech, de 21h à 1h la nuit d'arrivée. L'opposition de deux architectes aux idées contraires dans une société capitaliste des années 20, entrecroisée avec une histoire d'amour autodestructrice et des personnages aussi passionnés que torturés.
C'est prenant. Ca interpelle, ca heurte, ça fait réfléchir. Ca appelle à la discussion, et ça ne laisse pas indifférent. Mais ça a beau mériter cette longueur, 4h, c'est long :mio4: (Je sais, y a Henry VI qui dure 18h mais voilà quoi...)
La petite vanne, c'est que la pièce se jouait toutes les nuits dans la petite cour de l'établissement d'hébergement, et la fenêtre de ma chambre donnait dessus. Donc de 21 à 1h, fenêtre fermé et lumière éteinte pour tout le monde. Et pas la peine d'essayer de dormir, la fin est très bruyante.

- La imaginacion del futuro (espagnol surtitré) : un remaniement de la réalité autour du dernier discours en 1973 du Président du Chili, Salvador Allende, avant son suicide lors du coup d'Etat de Pinochet :asaba2:
Engagé, délirant, surprenant. Elle est mieux passé que la 1ère. On ne peut pas s'ennuyer, ça va dans tous les sens, c'est complètement fou et vu qu'elle est courte on ne sature pas. Mais s'il y a des passages que j'ai beaucoup aimé, d'autres m'ont laissé un goût désagréable dans la bouche. A vouloir jouer la provocation et déstabiliser le public, on peut aller loin, et en ce qui me concerne ils ont réussi à aller très loin. Cette pièce me laisse donc un opinion qui tombe dans les extrêmes, de "génial" à "plus jamais ça devant moi".
Y a un brave monsieur du public qui a dû passer une soirée très mal à l'aise, avec cette agression dérangeante presque sexuelle par une comédienne (le nu est à la mode dans le IN). Et quand ils joueront à Paris, je sais pas si Marine le Pen apprécierait d'être dans la salle. J'ai aucune sympathie pour elle, mais elle se prend une belle montagne de saloperie dans la face très gratuitement et sans raffinement.


- Solidaritate (roumain surtitré oui bordel le IN aime les pièces étrangères) : non. Définitivement non. En gros, une critique de la Roumanie et globalement l'Europe sur les plans politiques et sociétales en 5 séquences caricaturales.
Déjà, on a perdu la moitié de la pièce à cause d'un sous-titrage mal écrit, super mal calibré, en plus d'un texte qui peinait à convaincre. Ensuite bein jme suis fait chier. En plus ces enfoirés ont commencé en retard du coup j'ai loupé une pièce que je voulais voir après, une adaptation de M. Malaussene de Daniel Pennac dont on m'avait dit du bien :ohana:

- Matter : de la danse en costume de papier. Et quand y a de l'eau, ça fond, ça se déchire :leo:
Je suis pas très sensible à la danse. Et quand on met le mot contemporain à côté, j'ai beau y aller en me débarrassant de tous mes préjugés, je n'arrive pas à être touché. C'est frustrant. En plus je me suis même mis à penser, faute d'apprécier le spectacle : "ooooh toutes ces robes en papier, vive la déforestation. Oooooh toutes ces trombes d'eau, vive la sécheresse dans les pays du sud"

__
Mantenant le OFF. Aaaaah les petites salles, ces petites troupes ou solo, ce contact direct avec les comédiens... Et surtout, je peux y trouver les genres que j'aime beaucoup, du classique aux pièces modernes ne se perdant pas dans des sommets nébuleusement compliqué. Mon dada :misaki:

- Ça commençait pourtant mal avec C'est l'intention qui compte, petit vaudeville qui n'arrivait jamais à décoller. Bon, le public assez restreint (7 personnes...) ne permettait pas à l'ambiance de s'installer, mais ça manquait de punch, malgré une critique qui parlait de "croisement entre Feydeau et Courteline". De la bonne volonté, mais je déconseille.

- Theatro Comico : sur scène, une conférence sur la Comedia del Arte (son histoire, son rôle, son avenir) sans cesse interrompue par les fans et les critiques tourne à la joute théâtrale.
Là. Je voulais revoir Luca Franceschi, auteur, acteur et metteur en scène qui m'avait marqué lors de mon 1er séjour à Avignon 5 ans auparavant dans son œuvre originale Être ou ne pas être dont j'avais même acheté le texte. C'est chose faite, et je ne peux pas mettre en mot ce qu'on ressent dans cette petite salle où le public ne sait plus si la scène se passe devant lui ou tout autour ; on ne peut que le vivre. C'est drôle, inventif, varié, un petit bijou à apprécier :ranka2:

- Maupassant Unlimited : 4 nouvelles de Maupassant racontées par 1 acteur et demi.
C'est drôle comme la poésie d'un texte peut être transposée depuis l'écrit et s'apprécier à l'oreille. Quand bien même on connaitrait déjà un ou deux récits, le sourire monte aux lèvres devant Le donneur d'eau bénite, le frisson parcourt l'échine devant La peur...

- Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort (j'adore ce titre :imari: ) : 2 jeunes comédiens réintroduisent le contexte d'Andromaque de Racine, alternant les moments de complicité avec le public et des extraits de la pièce, pour tout doucement nous faire plonger dans la tragédie.
Mazette. Je tire mon chapeau. Rire sur Racine, c'est pas facile, et ils arrivent si bien à le faire que la transition du comique au tragique est invisible. Comment redécouvrir un classique sans y trouver le moindre aspect rébarbatif.

- The Twin Men Show : un stand-up mené tambour battant par deux jumeaux (pléonasme diraient-ils) qui n'ont rien à envier aux grands comédiens emplissant des stades entiers. Au menu, des vannes en veux-tu en voilà, de grands éclats de rire, de l'humour à tous les niveaux, du comique de répétition dont on ne se lasse pas, des marionnettes, des chansons de Disney et un tandem qui exploite à fond son jumelisme.
Il se trouve qu'il y a une grande interaction avec le public, en particulier les premiers rangs, avec une large part d'improvisation. Et je m'étais assis à la place désignée de la "tête de turc" officiel du spectacle, à savoir que les jumeaux passaient leur temps à diriger leur blagues sur moi (entre autres) et à se foutre de ma gueule. Certains peuvent mal vivre ce genre de situation, mais dans cette pièce, c'était à se tordre de rire. Une drôle d'expérience.

- Monsieur de Pourceaugnac : Julie aime Eraste mais son père la promet à monsieur de Pourceaugnac, bourgeois de Limoge. Le couple fait appel aux services d'une entremetteuse et du Sganarelle local pour se débarrasser de l'intrus.
Un Molière très convenu dans son écriture pour une mise en scène originale, car placé dans une contexte de colonie et sous forme de comédie musicale mêlant à la fois le français, l'anglais, l'allemand, l'italien et le wolof, sans que la compréhension de la pièce n'en soit affectée. Un grand moment, salué par un public chauffé à blanc ne voulant pas arrêter les applaudissements pour laisser la troupe s'exprimer après les saluts.

- Le joueur d'échec : sur un paquebot dans les années 40, le champion du monde en titre d'échec affronte un inconnu qui s'est formé en jouant mentalement pendant une année d'isolement dans une geôle privée lors de l'occupation nazie en Autriche.
Un acteur seul sur scène raconte la dernière nouvelle de Stefan Zweig, sans autre décor qu'une chaise et la scène sous pieds. 1h10 sur un texte d'une grande force, avec une voix prenante. Envoutant jusqu'à la dernière seconde.

__
Voilà ce que j'ai pu voir en gros. On prévoit avec des potes du séjour d'aller en voir quelques unes qu'on a pu louper quand elles passeront sur Paris.
Bravo si vous avez tout lu, c'est bien que certaines personnes s'infligent encore des souffrances pareil pour flatter notre estime personnelle :himari2:
Et avec ce pavé j'ai fait 599 messages :bright:
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Re: Festival d'Avignon : allez-y ou parlez-en

Message par Nefka » mer. juil. 23, 2014 11:12 pm

Elwingil a écrit :Et ouais, carrément. Personne n'en parle sur le forum. Serais-je entouré d'ignare ne donnant pas au théâtre l'importance qu'il mérite, et devrais-je les contempler de haut avec superbe et mépris ? :aladdin:
Oh, tu sais il y a plein de monde qui habite sur Paris, donc le festival de théâtre et la programmation riche et variée, c'est toute l'année ici.

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Re: Festival d'Avignon : allez-y ou parlez-en

Message par Aozora » jeu. juil. 24, 2014 1:44 am

Nefka a écrit :Je lève tout de même mon verre à la santé des colonies provinciales que nos impôts permettent d'éduquer.
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Message par MaxaoH » jeu. juil. 24, 2014 9:31 am

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Re: Festival d'Avignon : allez-y ou parlez-en

Message par Nemo » jeu. juil. 24, 2014 10:35 am

Avignon, c'est loin. :tamako:

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Re: Festival d'Avignon : allez-y ou parlez-en

Message par Elwingil » jeu. juil. 24, 2014 11:36 pm

Bon bah je vous méprise tous autant que vous êtes :aladdin:
Moi, seul contre tous, je sais ce que vous manquez dans votre ignorance ou désintéressement, et je ne peux que vous plaindre.
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Re: Festival d'Avignon : allez-y ou parlez-en

Message par Draco Dynasty » jeu. juil. 31, 2014 10:53 am

Aozora a écrit :
Nefka a écrit :Je lève tout de même mon verre à la santé des colonies provinciales que nos impôts permettent d'éduquer.
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Et en plus c'est super bon l'auvergnat cola.

J'ai un pote qui m'en ramène d'Auvergne de temps en temps. :mion:
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Re: Festival d'Avignon : allez-y ou parlez-en

Message par Elwingil » ven. oct. 10, 2014 1:30 am

Hey hey, je relance mon propre topic puisque personne d'autre ne le fera :clooney2:
De toute manière je reste convaincu que tout ceux qui ont posté n'ont rien lu d'autre que l'intro et les réponses sarcastiques de tous ces chers et spirituels compatriotes #mepris #hargne #hippocampéléphantocamélos

Oui, Avignon est terminé depuis longtemps. Mais d'abord, j'aime pas créer de nouveaux topics spécifiques.
Ensuite il se trouve que je n'avais pas pu assister lors du festival à la pièce dont je vais vous parler ; elle passe en ce moment à Paris au Studio des Champs-Élysée (ligne 9 Alma Marceau) et avec le tarif -26 ans on a eu la place à 10€ au lieu de 32€, c'est pas rien.

J'ai donc vu ce soir avec des amis une pièce acclamé par la critique et récompensé du Molière du meilleur auteur et meilleur mise en scène, et je ne peux qu'approuver :
Le Porteur d'Histoire d'Alexis Michalik.
Je peux pas moi-même résumer l'intrigue, j'ai pas de mots. Je colle le synopsis officiel :

Par une nuit pluvieuse, au fin fond des Ardennes, Martin Martin doit enterrer son père.
Il est alors loin d’imaginer que la découverte d’un carnet manuscrit va l’entraîner dans une quête vertigineuse à travers l’Histoire et les continents. Quinze ans plus tard, au cœur du désert algérien, une mère et sa fille disparaissent mystérieusement.
Elles ont été entraînées par le récit d’un inconnu, à la recherche d’un amas de livres frappés d’un étrange calice, et d’un trésor colossal, accumulé à travers les âges par une légendaire société secrète.


C'est un conte.
Y a 5 acteurs. Une scène sans grand décor, juste 1 ou 2 tabourets, une table... et surtout, un tableau à craie qui forme le mur de fond de scène (petite salle, on sent que c'est du théâtre privé, on est aux pieds des comédiens).
L'action se place à différents moments, dans différents lieux, différentes époques mêmes, mais la scène ne change pas. Les acteurs incarnent tous au moins 4 personnages différents, parfois plusieurs acteurs pour un seul et même individu à différents âges ; Ça parait fou, mais tout s’enchaine avec une fluidité parfaite, la plus parfaite évidence ; les scènes s'entrecroisent, débutent avant que la précédente ne se soit terminée, rendant encore plus incroyable les changements de rôles et d'espaces.
Quant à l'histoire... on se fait balader. On rit, on s’émerveille, on croise d'illustres figures des siècles passés, on découvre, on suit ce récit qui s'entre-mêle mais jamais ne se perd, tout se raccorde. J'ai repensé aux Milles et Une Nuits, car on se retrouve avec une mise en abyme d'histoires racontés au cœur même d'autres histoires.
Certains points ne sont pas sans rappeler des récits comme Le Comte de Monte-Christo (Dumas a lui-même une place importante dans l'intrigue), mais également le Da Vinci Code de Dan Brown ; Si ce livre est impressionnant dans son genre et sa construction, ce même type d'histoire transposé au format théâtre est tout bonnement magnifique à suivre.

Voilà, c'était 2 heures sublimes. Merde, j'en ai quand même déjà vu un nombre conséquent de pièces, et celle-là figure dans les premières places, haut la main. Des acteurs parfaits, avec une mise en scène des plus intelligentes.
J'en ai acheté le texte, ce qui ne m'était jamais arrivé qu'une seule fois.
Si vous avez le temps et de préférence moins de 26 ans pour votre porte-monnaie, je vous la recommande plus que chaudement :ritsu2:

Edit : apparemment, le tarif réduit -26 ans n'entre en vigueur que du lundi au jeudi. C'est beaucoup moins pratique...
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