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L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Les trucs dessinés ou animés par les japonais qui finissent inévitablement par subir notre jugement critique et aiguisé.

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Stanelis
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Stanelis » sam. sept. 13, 2014 9:32 pm

À l'inverse, si un animé n'était pas une publicité, les productions originales pulluleraient
Non c'est faux, on voit si peu d'œuvres originales principalement car le nombre de personnes prêtes à financer des projets qui risquent de bider est extremement faible (c'est le BA ba de toute industrie), surtout en période de crise. C'est une règle qui s'applique aussi aux jeux vidéos (en période de crise les boites se recentrent sur leurs franchises). Si tu adaptes des trucs qui se vendent déjà un minimum, en plus d'économiser des couts de développement des scripts, tu t'assures un revenu minimal.

C'est du marketing de base.
Là où je te rejoins partiellement, c'est qu'il ne faut effectivement pas tomber dans le prisme du « un animé, c'est de la pub, point », mais ça me semble pas du tout être les propos initiaux de Yoka. En revanche, on peut difficilement comparer ça aux séries US qui n'ont pas, mais alors pas du tout l'air de fonctionner sur le même système économique.
C'est principalement car il n'y a pas de lien aussi fort entre différents medias que ce qu'on a au Japon. Au japon les maisons d'éditions peuvent faire à la fois du papier/du jeu vidéo/de la musique et des animes(comme square enix par exemple) et du coup il y a un fonctionnement en réseau assez fort (et une tendance à battre le fer quand il est chaud, genre si un jeu video va avoir du succès tu peux assez vite avoir des adaptations en manga, anime ou LN et ça marche dans tous les sens).
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Kolya » sam. sept. 13, 2014 9:36 pm

Astuce : sur 40 séries par saison, dont à la louche les 4/5e sont des adaptations, au moins la moitié bide. Le plus souvent, ce qui bide, c'est l'adaptation de LN/manga foireux. Ça avait toutes les chances de bider, ç'a été adapté quand même ? Pourquoi ? Parce que le pari, c'est que même si la série bide, on espère que l'augmentation des ventes du support de base va compenser la perte (c'est pas vraiment pour rien que certaines maisons d'éditions de LN / mangasses font partie du comité de prod, en fait).

Les mecs font des paris en partant parfois de matos original qui ne se vend pas toujours très bien. Je serais très curieux (parce que je les ai pas sous les yeux) de voir l'augmentation des ventes du matériel original de séries qui ont cartonné et dont on peut attendre une S2 encore longtemps (au pif, No Game No Life, Sakurasô no Pet na Kanojo, enfin y a tellement d'adaptations de LN qui n'adaptent que quatre/cinq/six tomes alors que le LN est terminé et en fait une dizaine justement pour que le mec qui a regardé l'animé aille acheter le LN qu'il me faudrait une nuit pour les citer).
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Stanelis » sam. sept. 13, 2014 9:39 pm

Kolya a écrit : Ça avait toutes les chances de bider, ç'a été adapté quand même ? Pourquoi ?
Parce que les chaines de télévision avaient besoin de quelque chose à diffuser et ont payé. C'est on ne peu plus simple et limpide. Sauf que s'ils avaient sorti quelque chose d'original ça aurait probablement bidé aussi et/ou aurait couté plus cher à sortir.
Les mecs font des paris en partant parfois de matos original qui ne se vend pas toujours très bien.
C'est parce qu'ils n'avaient rien de mieux à proposer à un instant t et/ou que la chaine de télévision terminait une ligne budgetaire random et n'avait pas les sous pour se payer quelque chose de plus cher. Ils faut bien comprendre que les premiers clients des animes ou des séries sont les chaines de télévision. Au même titre que les premiers clients des films produits à hollywood sont les cinema.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par mangakam » sam. sept. 13, 2014 9:42 pm

Astuce : sur 40 séries par saison, dont à la louche les 4/5e sont des adaptations, au moins la moitié bide. Le plus souvent, ce qui bide, c'est l'adaptation de LN/manga foireux.
Ah bon pour toi cette saison automne il va avoir beaucoup de bide j'ai de gros doute sur ce que tu dit .

http://forum.icotaku.com/images/forum/p ... e_2014.png

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Kolya » sam. sept. 13, 2014 9:44 pm

Donc elles vont payer pour quelque chose qui va bider, donc ayant toutes les chances de représenter une perte sèche et un retour sur investissement nul ? Un poil simpliste, mais pourquoi pas, je connais pas grand-chose à ces histoires de sous. 8)

Qu'il convienne de nuancer un peu tout le rôle publicitaire d'un animé, pourquoi pas, de là à le considérer comme inexistant comme tu le fais, nope.png

@mangakam > un bide en animation, c'est moins de 3000 BR/DVD vendus par volume (grossièrement, on va pas chipoter, ça mériterait des nuances justement par rapport à ce côté publicitaire et au bénéfice pour l'œuvre originale qui est souvent dans les cartons d'un... membre du comité de production, tiens comme c'est bizarre). Je peux t'assurer qu'il n'y a pas énormément de séries par saison qui atteignent ce seuil de rentabilité. C'est cadeau.

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Stanelis » sam. sept. 13, 2014 9:48 pm

Donc elles vont payer pour quelque chose qui va bider, donc ayant toutes les chances de représenter une perte sèche et un retour sur investissement nul ?
En tout cas ce ne sont pas les maisons d'édition du manga qui va s'amuser à payer les chaines de télévision pour qu'elles diffusent un anime et promouvoir le manga de base (c'est le monde à l'envers). Après ils doivent partir du principe que de ne rien diffuser sur un créneau couterait plus cher que de diffuser quelque chose de crappy acheté à bas cout pour meubler.

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Kolya » sam. sept. 13, 2014 9:52 pm

Je vais laisser Yoka répondre plus en détail sur le rôle des maisons d'éditions au sein des comités de production qu'elles rejoignent, j'ai pas assez de matière dans la tête pour répondre de manière détaillée sur ce sujet. :>

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par mangakam » sam. sept. 13, 2014 9:59 pm

Du coup on dit souvent que l'animation japonaise va mal et ses produits autour, mais est ce vrai ?

Je veux dire que par la j'entends ça depuis 2010 et je n'ai pas l'impression que le marcher s’effondre tel une entreprise qui dépose le bilan, donc j'aimerais un avis sur le sujet et si on va sur une disparation total ou pas .

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Stanelis » sam. sept. 13, 2014 10:13 pm

Kolya a écrit :Je vais laisser Yoka répondre plus en détail sur le rôle des maisons d'éditions au sein des comités de production qu'elles rejoignent, j'ai pas assez de matière dans la tête pour répondre de manière détaillée sur ce sujet. :>
Ben elles négocient les droits de la série adaptée (ie elles sont payées) et à mon avis doivent échanger avec le studio en phase de production.

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Elwingil » sam. sept. 13, 2014 11:32 pm

L'empoignade sur le sujet, ça me rappelle de bons vieux moments de la dernière UMT* :kyou:

Je ne doute pas que tu ais des connaissances sur la question Stanelis, en tout cas largement plus que moi (j'arrive à suivre le débat mais je serai bien en peine d'ajouter mon grain de sel), mais tu perds beaucoup de crédibilité avec la formule "à mon avis". Car tout porte à croire que les explications de Yoka se basent sur des sources précises et diverses avec un lourd travail de documentation - tu balances pas un pavé pareil en te basant sur ton propre ressenti et les conclusions que tu tires par toi-même.

J'ai l'impression que tu essaies de faire coller le système de production japonais à celui des occidentaux, or Yoka a d'entrée de jeu expliqué que les deux étaient différents. Les leçons de marketing et d'économies ne peuvent s'appliquer à l'identique sur deux modèles différents, il me semble.

Ou alors, Yoka se goure de chemin depuis le début. Vos deux explications sont trop opposés sur la question de l'objectif publicité pour que vous ayez raison tous les deux. C'est pas juste une question d'interprétation, mais bien d'étude du système.



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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Pso » dim. sept. 14, 2014 1:22 am

Stanelis a écrit :C'est un peu comme si tu sortais que la dernière production marvel au cinéma (...) était une publicité pour le comic (...) de base (ie c'est partiellement à coté de la plaque, même si c'est un facteur).
*pop de nulle part*

Bah si, quand même un peu beaucoup, non ?
Enfin, dans le cas de Marvel Studio justement, leurs films sont d'immenses publicités pour les comics (amener les gens à lire "les originaux", les comics étant toujours un truc de niche) et/ou les produits dérivés qui en découlent. Après, évidemment, tu as aussi la volonté de créer quelque chose (le MCU en l’occurrence), de faire un vrai bon truc au final, mais une grosse partie de l'idée du projet, c'est aussi l'impact commercial que ça va avoir.

Enfin, on peut citer des exemples à la pelle, comme Iron Man qui était un quasi inconnu du grand public avant le film de 2008, et dont le succès des films a relancé le comics (qui n'avait alors jusqu'alors jamais vraiment percé), à l'influencer en se calant sur les aventures cinés et tout. Je pense pas qu'ils négligent cet aspect là, loin de là, s'ils font un film Guardians of The Galaxy ou Ant-Man, c'est aussi pour relancer la franchise en question derrière (et ce que qui a été fait pour GotG d'ailleurs, pour un résultat assez meh).

En plus, en visant plus large, on a même vu des projets (Série TV/Dessin animé/etc) basés sur telles licences de comics se faire annuler parce que l'exploitation au ciné a été un tel échec (bide commercial/critique) que le (grand) public n'en veut plus du tout ("Si c'est aussi naze que le film, non merci"), sans se soucier de ce qu'il y a en dehors des films. L'impact auprès du public n'est clairement pas négligeable quand on parle des films, c'est de la publicité géante pour tout le reste. Donc la comparaison avec les animes n'est clairement pas déplacée, même si c'est sans doute pas exactement la même chose. Mais ça se tient, ouais.
Désolay du HS.

*Disparaît*
Mon blog (mort, mais on sait jamais): http://geekhillzone.fr
Mon Twitter: https://twitter.com/Psoushi
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Mon Sens Critique: http://www.senscritique.com/Psoushi

Débrouillez-vous avec ça maintenant.

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Stanelis » dim. sept. 14, 2014 9:52 am

Enfin, on peut citer des exemples à la pelle, comme Iron Man qui était un quasi inconnu du grand public avant le film de 2008,
Non, mais alors vraiment pas (en tout cas aux USA). Il est quasiment aussi populaire que Spider man et a même eu le droit à ses séries animées.

Les comics sont ultra connus aux USA, des générations entières ont grandies en lisant ces BD. Des heros dans les comics il y en a des paquets, mais seuls les plus populaires sont adaptés au cinema (c'est normal). D'ailleurs il y a une logique dans l'adaptation des comics au cinema (ils ont commencé par le plus populaire et connu et vu que ça marche bien ils commencent à taper dans le moins connu).
L'impact auprès du public n'est clairement pas négligeable quand on parle des films, c'est de la publicité géante pour tout le reste.
Oui parce que tu penses vraiment que les studios vont dépenser des millions de $ pour augmenter les ventes des comics? A ton avis, combien de comics devraient être vendus pour compenser le budget d'un film au cinéma (par exemple iron man a couté 140 millions de dollars) ? Sachant que le marché des comics est quand même mature (ça fait juste plus de 60 ans que le business tourne) du coup le potentiel de croissance n'est pas énorme.

C'est une aberration économique de sortir un truc pareil (surtout que les chiffres parlent d'eux mêmes: iron man a fait 586 millions au box office).
- tu balances pas un pavé pareil en te basant sur ton propre ressenti et les conclusions que tu tires par toi-même.
Je me base sur mes connaissances en économie et en industrie (on parle de notions de base là) et je rappelle que je suis ingénieur (du coup oui le financement de projets je connais pas mal). Aussi le postulat du post de base annonçant que les animes sont de la publicité est basé sur un ressenti subjectif. Les explications données dans le post ne sont pas une démonstration logique du fait que les animes soient une publicité (il n'y a pas de lien logique entre le paragraphe dans "publicité" et le reste). Notamment, dans le post de base, le rôle des chaines de télévision est à peine touché du doigt alors que c'est pourtant le plus important (et annoncé comme tel, pourtant, dans le post). Notamment il n'est pas pris en compte le fait que les chaines de télévision ont besoin de programmes sur un créneau horaire donné. Le fait qu'il y ait des animes à la pelle et même des trucs médiocres cheap implique juste qu'il y a énormément de demande des chaines de télévision pour des productions à bas cout (il est moins cher pour un studio de production d'acheter des droits pour un manga inconnu que de les acheter pour un manga archi connu paraissant dans le shonen jump et dont tous les écoliers sont fan) pour combler des tranches horaires. Il n'y a pas besoin de sortir de polytechnique pour comprendre que les boites de publicité ne sont pas prêtes à payer cher pour des créneaux de diffusion la nuit, de ce fait les chaines de télévision ne sont probablement pas prêtes à payer trop cher pour les programmes diffusés sur ces horaires. Les boites de production ne cherchent qu'à satisfaire cette demande (et aussi générer le max de blé sur les produits dérivés/BR par la suite, mais c'est normal).

La seule démonstration du post de base est que les animes sont issues d'une industrie et ont donc pour objectif de générer du profit, mais pour ça personne n'en doutait. En Europe et aux USA on fonctionne pareil (j'ai en tête l'exemple de ghostbusters qui a donné naissance à des tonnes de produits dérivés).

Après je ne vais pas m'amuser à lancer une recherche académique pour comparer les prix de développement d'un anime dans les cas où le script est (a) issu d'une œuvre déjà produite (b) une œuvre totalement originale aux budgets des chaines de télévision japonaises sur les créneaux de nuits. Ensuite il serait facile de démontrer que les studios de production arrivent plus facilement à vendre (plus cher) aux chaines de télévision une adaptation d'un manga/LN/jeu vidéo qui se vend déjà bien qu'une adaptation d'un manga inconnu ou une œuvre originale (s'il n'y a pas de grands noms au sein du studio). C'est du marketing de base.

Bien sur, dans le cas d'une œuvre inconnue, les boites de productions/chaines de télévision peuvent effectivement faire valoir, en tant qu'argument commercial, que la diffusion d'un anime va effectivement contribuer à faire de la pub à l'œuvre de base. Ce qui aura pour effet de diminuer les couts d'achats des droits d'adaptation de l'œuvre de base (si l'œuvre est populaire, le rapport de force est inversé. Au sens où la maison d'édition va dire que, du fait de la popularité du manga/LN/jeu vidéo, beaucoup de monde va regarder l'anime et donc que les chaines de télévision seront prêtes à payer plus cher pour le diffuser) auprès de leurs propriétaires (ie les maisons d'édition ou l'auteur du script). Les maisons d'édition peuvent aussi exploiter la sortie de l'anime à des fins marketing (tout le monde y trouve son compte).

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Kolya » dim. sept. 14, 2014 3:02 pm

Encore faut-il que les chaînes de télévision représentent effectivement le financement principal d'une série, la question est : est-ce le cas ? Le post initial semble répondre « non ». En parlant du post initial, le fait que tu rétorques que « ce n'est pas les maisons d'éditions du manga qui vont payer pour une diffusion animée » me semble indiquer que tu ne l'as pas lu (ou alors il faut relire la partie sur le comité de production). C'est pas le monde à l'envers : si derrière, les ventes augmentent, ça s'appelle un investissement, et là-bas ça marche comme ça. :]

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Stanelis » dim. sept. 14, 2014 4:44 pm

Encore faut-il que les chaînes de télévision représentent effectivement le financement principal d'une série, la question est : est-ce le cas ? Le post initial semble répondre « non ».
On en sait rien on a pas les chiffres (c'est surtout la boite qui assure la production qui aligne les ronds à mon avis, plus les éventuels sponsors). Mais si les chaines de télévision ne payaient pas il n'y aurait pas d'anime diffusé à la télévision. Et il n'y aurait pas d'anime tout court (ou alors juste des sorties BR/DVD). Il y a une relation client/fournisseur entre les boites de production et les chaines de télévision.

Mis à part ça on lit dans le post initial :
La chaîne télé est le seul élément indispensable à un comité de production puisque sans elle, pas de diffusion.
Ben oui, no shit, s'il y a pas de client il n'y a pas d'anime. Après c'est pas une question de financement mais plutôt de vente de produit et de marge au niveau des chaines de télévision (sauf pour celle du comité de pilotage, obs).
C'est pas le monde à l'envers : si derrière, les ventes augmentent, ça s'appelle un investissement, et là-bas ça marche comme ça. :]
Yeah right, va dire aux investisseurs que tu dépenses quelques centaines de milliers d'euros juste pour augmenter de quelques centaines des ventes de livres qui se vendent à bas cout. :jospin: :jospin: ça m'a l'air d'être un bon plan. Il y a des moyens plus simples et plus efficaces de faire de la publicité et ces boites ne s'en privent pas.
En parlant du post initial, le fait que tu rétorques que « ce n'est pas les maisons d'éditions du manga qui vont payer pour une diffusion animée » me semble indiquer que tu ne l'as pas lu (ou alors il faut relire la partie sur le comité de production).
Yeah right, les maisons d'édition vont payer les chaines de télévision pour qu'elles diffusent un anime :jospin: :jospin:

Je pense que tu n'as pas du bien comprendre ce que j'écrivais. Ce ne sont pas les maisons d'édition qui vont aller voir les chaines de télévision et leur dire "bon voilà sur votre créneau de nuit on veut que vous diffusiez ça et on vous paie pour ça" (c'est comme ça qu'une publicité fonctionne, si tu veux que ta publicité passe à la télévision tu dois payer une chaine de télévision). Non, ce sont les chaines de télévision qui lancent des appel d'offre et achètent des show pour remplir des créneaux de diffusion (et se faire des ronds sur la pub qui déroule entre les épisodes, après l'opening, en milieu d'épisode entre et à la fin avant la preview, chose qu'on oublie en france car on a des fichiers sans pub). Quand bien sur la chaine de télévision n'est pas directement associée à la production de l'anime des le lancement du projet (dans ce cas là on est dans une logique de commande d'un client vis à vis d'un fournisseur).

Aussi, à moins que la maison d'édition de l'œuvre originale ne se décide elle même à produire un anime (il doit y en avoir), la boite qui va produire l'anime va payer la maison d'édition pour obtenir les droits d'adaptation de l'œuvre de base (et du coup on est loin d'une logique purement publicitaire/marketing).

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Kolya » dim. sept. 14, 2014 6:31 pm

Yeah right, va dire aux investisseurs que tu dépenses quelques centaines de milliers d'euros juste pour augmenter de quelques centaines des ventes de livres qui se vendent à bas coût de quelques centaines des ventes de livres qui se vendent à bas coût.
On produit donc un animé basé sur une œuvre originale sans le terminer, mais ce n'est pas pour pousser le spectateur à aller lire la suite directement dans l'œuvre originale. Bah non, c'est une coïncidence, on attend pas du tout la fin de LN à succès genre Full Metal Panic! depuis 10 ans. :yoshitake2:
Et c'est une foutue coïncidence que la maison d'édition intègre le comité de production, juste un commercial qui savait pas quoi faire de son lundi entre 18 heures et 20 heures. L'intérêt d'une maison d'édition à voir sa série adaptée, il est là : vendre l'œuvre / des produits dérivés quand ils en ont. C'est des commerciaux, pas des bons Samaritains.
Oui, ils foutent des thunes sur la table parce que ça leur rapporte plus, sous des formes diverses et variées. Dans le cas des séries Kadokawa (on se réveille, y en a un paquet chaque saison), avec la blinde de produits dérivés qu'ils éditent eux-mêmes, c'est super rentable de filer des sous pour produire un animé puisque le fait est qu'une adaptation télévisée est une publicité en or. Oui, ça vaut aussi pour les films, c'est pour ça que comme par magie, quand tel ou tel bouquin est adapté, on le retrouve réédité (coucou Le Hobbit ?) en bouquin avec une belle image dégueu de la couverture du film et que comme par magie (bis), les ventes augmentent grâce à la promo de fou associée au film. C'est pas sorcier, pour reprendre ton expression, c'est du marketing de base (en légèrement différent, parce que le financement est différent). Sans prendre un blockbuster en exemple, on peut citer la grosse promo autour de La Couleur des sentiments à la sortie du film.

Enfin je sais pas, sans dire que c'est la seule raison d'être d'un animé (mais ça, je crois déjà l'avoir dit à la page précédente), ça me paraît pas fou d'imaginer qu'un animé puisse être une publicité phénoménale pour un support de base. C'est pas pour rien que certains mangas arrivent en même temps / peu après la diffusion de la série correspondante en France depuis l'implantation du simulcast (en exemples qui me viennent en tête, on a Inu & Neko ou Akame ga Kill!). Toujours cette même motivation de « lire la fin » (ou, tout simplement, en lire plus) pour le spectateur/futur lecteur.

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Yokathaking » lun. sept. 15, 2014 8:19 pm

Hop, deuxième partie du topic. C'est l'heure des retombées d'un anime et de la diffusion télé.
Les retombées d’un anime
Le studio d’animation fait son travail, l’anime est en cours de diffusion, maintenant, il faut savoir s’il a été un succès. Bien sûr, chaque membre du comité de production, et même chaque maison de production, a ses propres critères pour déterminer la réussite de l’anime qu’il a produit. Pour les fabricants de goodies/JV, c’est facile, c’est les ventes des goodies/JV adaptés de cet anime. Pour les chaines télé, c’est l’audience. Pour une maison de disques, les ventes de disque sur le court terme et la popularité de ses seiyuus sur le moyen terme. Pour une maison de production par contre, cela varie énormément.

Les maisons de production

Kadokawa ne regarde jamais les ventes des BR/DVD. Il n’en a absolument rien à faire. Pour lui, seul importe le boost au niveau de l’œuvre originale que l’anime a adapté. Pas une seule galette n’a été vendue mais le manga/LN original a augmenté ses ventes de 500% ? L’anime est un succès énorme. L’anime a vendu énormément de BR/DVD mais le manga/LN n’a connu qu’une augmentation de ventes que très faible ? L’anime est un quasi-échec. Si vous voulez savoir s’il va y avoir une S2 d’un anime produit par Kadokawa, voilà ce qu’il faut regarder. Le reste n’a aucune importance.

Bandai Visual est dans une optique similaire. Par exemple la saison 2 de Love Live! aurait pu ne pas vendre un seul BR, l’anime aurait tout de même été un succès uniquement grâce au jeu iOS/Android. Bon, Love Live! a battu le record du BR le plus vendu en 1ère semaine pour un anime en diffusion hebdomadaire avant de battre celui du BR le plus vendu sans réédition pour un anime en diffusion hebdomadaire donc l’anime est un succès au-delà des espoirs les plus folles de Bandai Visual.

Aniplex lui est beaucoup plus regardant sur les ventes de BR/DVD. L’œuvre original, si c’est une adaptation, importe mais les ventes de galettes sont loin d’être négligeables. D’autant plus qu’Aniplex produit un certain nombre d’œuvres originales et où le BR reste le meilleur indicateur de succès.

Les ventes de BR/DVD

Mais justement, à partir de quand une vente de BR/DVD est considéré comme bonne ? Encore une fois, cela dépend. Un anime de quelques minutes par semaine sera rentable bien plus vidt qu’un anime de 13 épisodes diffusé au milieu de la nuit ou qu’un anime de 49 diffusés le soir. Mais en gros, pour un anime classique en 2014, c'est-à-dire 13 épisodes diffusés vers 26 heures, on considère :
  • qu’un anime est rentable lorsqu’il atteint la Manabi Line, qui est située à 2900 ventes par BR+DVD pour le 1er volume. C’est une limite totalement imaginaire et qui n’a aucun sens en soi mais qui aide à se repérer au niveau des ventes
  • que c’est un très bon succès si le premier BR+DVD atteint les 10 000 ventes unitaire
  • que c’est un énorme succès si l’ensemble des BR+DVD a vendu en moyenne 10 000 unités ou plus puisque, logiquement, les ventes décroit à chaque nouvelle sortie. Il y a entre 10 et 13 animes par an qui font 10k de ventes unitaire en moyenne sur l’ensemble de la série et ce nombre n’a pas changé depuis plus de 10 ans.

Les animes sortent en général à raison de 2 ou 3 épisodes chaque mois à partir du 3e mois après la diffusion du premier épisode, ce qui donne en général 6 coffrets pour avoir une série complète. Chaque coffret coûte entre 3500 et 7500 yen, ce qui donne entre 25 et 60€. Pour deux épisodes. Multiplié par 6, on dépasse très facilement la centaine d’€ dépensés sur 6 mois pour un anime de 13 épisodes. Deux fois plus 26 épisodes.
Ce format de sortie quelque peu étrange sert en fait à continuer de faire vivre la série en maintenant de l’actualité pendant plusieurs mois. On reste ici dans une optique publicitaire.

Je parle depuis tout à l’heure de BR+DVD mais pour des animes de milieu de nuit, la vente de DVD est très négligeable, au point que certaines séries décident de faire purement et simplement l’impasse sur ce support. Les DVD restent encore importants face au BR pour tous les animes diffusés en journée, c'est-à-dire ceux pour enfants ou ceux familiaux. Un certain nombre d’animes avec un famdom majoritairement féminins, par exemple certains animes de sport, se vendent aussi encore bien en DVD. Mais pour le reste de la production actuelle, le BluRay a largement supplanté le DVD.

Les goodies offerts à l’achat

Il y a bien sûr avec chaque BR/DVD un certain nombre de bonus et de goodies. D’ailleurs, chaque marque de distribution d’anime japonaise (Gamer, Animate, ...) aura souvent ses propres bonus exclusifs et un fan peut donc acheter plusieurs fois le même BR/DVD juste pour avoir tous les bonus. Les goodies (livret bonus, cartes, ...) sont eux inclus dans le coffret et donc les mêmes quelque soit le distributeur. Cette pratique reste aussi vraie en ce qui concerne les mangas, LN ou VN qui au Japon sont souvent vendus avec des bonus. Passé un certain temps, il peut y avoir une réédition en coffret DVD ou BluRay qui coûtera en général moins cher mais aura moins de goodies.

Parmi les distributeurs, le cas amazon est très particulier. Jusqu’à il y a très récemment, il n’offrait aucun bonus à l’achat mais pratiquait une promotion importante sur chaque produit, pouvant aller jusqu’à 25%. Or, Aniplex n’appréciait en rien que le client puisse acheter ses BR avec une telle réduction Après une guerre assez amusante entre Aniplex et amazon où Aniplex a essayé de forcer amazon a arrêté de baisser les prix, amazon a répondu en enlevant de la vente tous les BR Aniplex, les deux ont fini par trouver un accord. Désormais, et ce depuis la saison de printemps 2014, amazon vend les produits Aniplex avec un bonus exclusif mais sans réduction. Aniplex leur refile donc un bonus tout merdique et les clients vont donc voir ailleurs, dont Aniplex+ qui est la boutique en ligne d’Aniplex qui offre de vrais bonus, plutôt de continuer à acheter sur amazon. Aniplex est content, amazon s’en fout, tout va bien dans le monde de l’animation. Par contre, les BR de Kadokawa et Bandai Visual continuent à être vendus sans bonus mais aves la réduction vu que rappel, Aniplex s’intéresse aux ventes de ses BR/DVD mais Kadokawa et Bandai Visual s’en foutent.

Parmi les goodies inclus dans un BR/DVD, on retrouve de plus en plus les event tickets. Ceux-ci peuvent avoir deux formes, soit un ticket d’entrée pour un événement avec les seiyuus (en général) pour les séries moyennement populaire soit un ticket pour un tirage au sort si la série est tellement populaire qu’il va y avoir plus d’achats que de personnes possibles lors de l’évènement. Par exemple la saison 2 de Love Live! avait un event ticket qui servait juste à participer à un tirage au sort. Les event tickets étaient une pratique inexistante il y a quelques années mais celle-ci est en train d’exploser et en 2014, il devient plus difficile de trouver le premier BR/DVD d’une nouvelle série qui ne contient pas d’event ticket que l’inverse. Un event ticket va en général booster les ventes du BR+DVD de 30 à 50% ou plus exactement le volume 2 va subir une chute de vente de 30 à 50% par rapport au premier BR+DVD là où les chutes pour les volumes suivants seront plus entre 3 et 10%.

Le retour sur investissement

Dans la majorité des cas, un anime est une adaptation. Le succès de l’anime est déterminé par l’augmentation des ventes du matériel originel. Et ça tombe bien parce que ce sont des chiffres faciles à avoir puisque chaque semaine, l’Oricon publie les meilleures ventes des LN et mangas. Du coup, pour bien se rendre compte de l’impact d’un anime, quelques exemples d’animes récents.
  • NO GAME NO LIFE : le LN était absolument inconnu avant le premier épisode de l’anime. Les tomes se vendaient à même pas 20 000 exemplaires. Le tome sorti pendant la diffusion de l’anime s’est vendu à 130 000. Les tomes déjà sortis ont eux vendu plus de 100 000 exemplaires chacun pendant la diffusion de l’anime.
  • Issukan Friends : manga absolument inconnu et aucun des 5 premiers tomes n’avait réussi à rentrer dans un top Oricon, ce qui signifie moins de 15 000 ventes par tome. Le tome sorti pendant l’anime a dépassé les 120 000 ventes et les 5 premiers tomes ont réçu un boost du même ordre de grandeur.
  • Noragami : le tome sorti avant l’anime s’est vendu à 70 000 exemplaires. Pour un manga du Monthly Shonen Magazine, c’est une bonne vente. Le tome sorti pendant la diffusion a depassé les 150 000 ventes et les premiers volumes ont boosté leur ventes de l’ordre de 25 000 unités.
  • Mahouka : De 137 000 ventes pour le tome sorti avant l’anime à 162 000 pour le tome sorti pendant l’anime. A peine 20% d’augmentation mais pour un LN qui dépassait déjà la centaine de milliers de ventes, c’est loin d’être négligeable. D’autant plus que les premiers volumes ont eu un boost d’un centaine de milliers d’exemplaires et que les spinoff ont eux aussi réçu un très beau boost.
  • Haikyuu!! : 226 000 ventes avant l’anime, le tome sorti pendant l’anime s’est vendu à 570 000 exemplaires. L’ensemble des tomes déjà sortis ont eux été écoulés à plus de 2 000 000 d’exemplaires pendant l’anime.
Un anime qui marche, cela boost incroyablement l’oeuvre qu’il adapte. On est pas sur de la centaine ou du millier de ventes en plus mais sur des dizaines de milliers, des centaines de milliers voire des millions de tomes vendus en plus. Rien ne peut faire une publicité pour une oeuvre comme le fait un anime. L’impact que l’anime va voir, en cas de réussite, est faramineux. Bien sûr, il y a plein d’animes sur lesquels le boost n’est même pas assez significatif pour être obersé et l’anime aura donc fait un flop mais les quelques gros succès qui arrivent chaque saison suffisent pour convaincre les éditeurs de continuer à payer pour faire des animes. De plus, le caractère souvent imprévisible du boost, par exemple personne n’avait prévu un tel engouement pour NO GAME NO LIFE ou Isshukan Friends, pousse les éditeurs à adapter un peu tout et n’importe quoi en espérant tomber sur la perle rare. Une réussite à la NO GAME NO LIFE justifie sans problème 10 adaptations de Light Novel dont jamais personne ne se souviendra.

Maintenant, au niveau de Bandai. La maison de production n’édite pas de mangas et c’est donc très intéressant puisqu’il est possible de regarder spécifiquement combien les goodies ont rapporté. A nouveau, quelques exemples de licences qui appartiennent à Bandai.
  • Gundam a rapporté en 2013 à Bandai 80 milliards de yens. C’est une somme tous confondus, c’est à dire diffusion télé, ventes de BR, Gunpla, JV, borne d’arcade, T-Shirt et autres. Sur ces 80 milliards, 18 milliards viennent des jouets, en l'occurrence les Gunpla et autres produits dérivés (hors JV). Pour l’histoire, c’est des chiffres qui ne plaisent pas à Gundam. En 2013, c’était l’anime de Build Fighters qui a été un succès incroyable. La licence a rapporté 15 milliars de yen en plus à Bandai par rapport à 2012 mais les ventes de Gunpla n’ont eux que poussivement grimpé de 2 milliards. Pour un anime centré sur les Gunpla, Bandai n’apprécie en rien cette faible augmentation.
  • Aikatsu, qui est devenu en 2 ans la 5e licence la plus forte de Bandai, a rapporté 15,9 milliards de yens. Sur ceux-ci, 13 milliards viennent... des jouets pour petites filles et du jeu sur borne d’arcade (cartes incluses) ! Le reste est divisé entre le JV et l’anime. L’anime ici ne sert qu’à mettre en avant les nouveaux goodies et cartes que Bandai sort en permanence. Il ne rapporte pratiquement pas un rond à Bandai mais remplit formidablement bien son rôle publicitaire.
  • Dragon Ball (qui appartient en partie à Bandai) a rapporté 11,4 milliards de yen à Bandai en 2013 dont 6,4 milliards de yen uniquement en goodies. Bandai est assez équilibré sur cette série, récupérant moitié d’argent en goodies et moitié sur les JV consoles (Battle of Z s’est vendu à 620 000 exemplaires dans le monde en 2013 ce qui donne globalement 3,5 milliards de yens), les bornes d’acarde et en parc d’attractions. L'anime ne rapporte pas relativement grand chose par contre (même pas 500 millions de yens). Le manga est lui géré par la Shueisha.
Je pourrai rajouter des chiffres encore longtemps (PreCure 10,5 milliards dont 9,8 en goodies, Kamen Rider 30.7 milliards dont 22,3 en goodies) mais en gros, ce qu’il faut retenir c’est que la majorité du chiffre d’affaires provient des goodies. Il y a quelques exceptions mais là où Bandai se fait vraiment des thunes, la raison pour laquelle il continue à investir des sous dans les animes, c’est pour qu’ils servent de vitrine aux produits dérivés qu’il va vendre derrière.
La diffusion télé
Milieu de la nuit et matinée

Les animes étant destinés à un public niche, ils sont en général diffusés au milieu de la nuit, souvent entre 23 et 28 heures. A cause de l'heure tardive de diffusion des animes, il arrive souvent que les japonais enregistrent les animes qu'ils souhaitent regarder, voire tout le créneau. Remarque, une journée dans une chaîne télé japonaise va de 04h00 du mat à 03h59 du mat le lendemain, ce que les japonais notent comme allant de 04h00 à 27h59. Un programme télé diffusé le vendredi à 25h00 est donc en fait diffusé le samedi à 01h00 du matin. Le meilleur créneau de diffusion d'un anime pour le Japon est le samedi à 24h00. C'est là que les gros animes sont diffusés par exemple Tokyo MX y a diffusé, y diffuse ou va y diffuser la première saison de SAO, Aldonah.Zero ou Unlimited Blade Works. L'heure de diffusion d'un anime est discutée avec tout le comité de production mais la décision finale est, dans la grande majorité des cas, celle de la chaîne télé faisant parti du comité de production.

Les créneaux de diffusion d’anime n’ont que très peu bougé depuis des années et allumer la télé au milieu de la nuit sur les chaines qui diffusent des animes garantit pratiquement à coup sûr de tomber sur un épisode. Certains de ses créneaux sont devenus assez célèbres, comme par exemple le NoitaminA de FujiTV. Il y a aussi des créneaux le matin qui sont utilisés pour les animes à public plus jeune, comme les Magical Girls ou les animes pour enfants de manière générale. Les animes sur le long cour, comme One Piece, Precure et co sont toujours diffusés le matin ou le weekend.

Cour de diffusion

Sur l’ensemble de l’année, en ce qui concerne les animes du milieu de la nuit, il y a 4 cour de diffusion qui sont, sachant que l’année fiscale japonaise commence le 1er avril : Printemps (01 avril au 31 juin), Été (01 juillet au 31 septembre), Automne (01 octobre au 31 décembre) et Hiver (01 janvier au 31 mars). Et c’est tout. Exception faite des animes pour les enfants et des animes sur le long cour, un anime commencera systématiquement en début de cour et finira en fin d’un cour. Chaque cour faisant 13 semaines, on a bien nos 52 semaines annuelles divisées en 4.

Ici, il faut bien faire la différence entre un cour et une saison. Un cour représente une période de diffusion de 13 semaines. Une saison représente l’ensemble de la diffusion d’un anime. Prenons Sword Art Online comme exemple. L’anime a à l’heure actuelle deux saisons. Entre la première et la deuxième saison, il s’est passé plus d’un an. Mais chaque saison dure 26 épisodes, ce qui correspond à deux cour.

Le cour est une unité qui sert à évaluer la durée d’un anime, rien de plus, rien de moins. C’est un repère universel sur lequel tout le monde est d’accord. Une saison au contraire n’apporte pas d’informations sur la durée d’une série. Une saison peut aussi bien durer 1 cour (comme la grosse majorité des animes de milieu de la nuit), 2 cour (comme un certain nombre d’animes sportifs genre Haikyuu!! ou Kuroko no Basket), 4 cour (comme PreCure ou un certain nombre de Gundam) ou être sur le long cour, c'est-à-dire plus de 4 cour (comme certains Shonen du Jump tels que One Piece, Naruto et co). Une saison indique l’ensemble de diffusion d’un anime et n’apporte aucune information temporelle.

Et, depuis quelques années, les choses se sont complexifiées. Aniplex produit de plus en plus d’animes en Split-cour. Cela signifie que l’anime a X cour de diffusion (en général 1) puis Y cour de pause (en général 1) puis reprend pour X cour de diffusion (autant que la première période de diffusion). Cela devient de plus en courant puisque cela permet de répartir les dépenses pour le comité de production. Fate/Zero et Aldnoah.Zero sont des exemples de diffusion en split-cour avec 1 cour de diffusion puis 1 cour de pause puis le 2e cour de diffusion (donc 24 épisodes). JOJO Stardust Crusaders est actuellement le seul exemple de split-cour avec 2 cour de diffusion, 1 cour de pause puis à nouveau 2 cour de diffusion (donc 52 épisodes). Et là, il faut faire attention parce qu’en Occident, le split-cour a tendance à être considéré par les éditeurs comme deux saisons distinctes parce que c’est plus facile à promouvoir alors que ce n’est en fait qu’une seule et unique saison. La meilleure méthode de savoir si un anime est en split-cour ou sur deux saison est de regarder la numérotation des épisodes. La numérotation continue après la pause ? Split-cour. La numérotation reprend à zéro après la pause ? Deux saisons différentes.

Retard de diffusion

Il peut arriver de manière assez exceptionnelle qu’un épisode ne soit tout simplement pas diffusé. Cela arrive soit parce que l’équipe a pris tellement de retard qu’elle ne peut pas finir à temps l’épisode, comme sur Madoka, soit parce qu’elle a mis un tel niveau de qualité sur les épisodes précédents qu’elle n’a pas le temps de maintenir ce standard, comme sur Girls und Panzers. Cela arrive en général à 1 ou 2 épisodes de la fin et les derniers épisodes sont donc diffusés plusieurs semaines/mois après voire sortent directement en BluRay, comme sur Mushishi Zou. Ce n’est pas très inquiétant mais cela indique que l’équipe est vraiment au bout du rouleau et ne peut physiquement pas continuer à animer.

Là où c’est beaucoup plus inquiétant, c’est quand cela arrive au milieu de la diffusion d’un anime en un cour. Cela veut dire que l’équipe est déjà au bout du rouleau alors même qu’il reste encore une moitié de saison à animer et ce n’est jamais bon signe. Heureusement, c'est absolument exceptionnel.

Un épisode peut aussi être retardé, jusqu’à plusieurs heures par rapport à son horaire habituelle. Dans la très grande majorité des cas, c’est dû au match de base-ball diffusé plus tôt dans la soirée et qui a duré plus longtemps que prévu. Or, le baseball faisant beaucoup plus d’audience qu’un anime de milieu de la nuit, la chaîne télé n’hésite pas beaucoup à retarder l’anime. Ce retard impacte aussi la diffusion en simulcast à l’international puisque, logiquement, un anime n’est pas censé être diffusé à l’étranger avant le Japon.

Qualité de diffusion

Au Japon, en 2014, la majorité des animes sont diffusés en 720p sur les chaines de télé. Il existe des versions 1080p de pratiquement l'intégralité des épisodes, sauf quelques exceptions qui ne sont de toute façon pas diffusées en HD tout court. Cependant, les versions 1080 ne servent que pour les BluRay et le simulcast. Crunchyroll par exemple diffuse la version 1080p qu'il a reçu et ne fait donc pas d'upscaling à partir du 720. Pour avoir une version 1080p, les japonais n'ont donc en général pas d'autre choix que d'attendre la sortie du BR. C'est aussi la raison pour laquelle les teams de fansub (à part Horrible qui rippe directement Crunchy) ne proposent que du 720p puisqu'elles récupèrent les versions télé des épisodes.

Et c'est tout pour cette semaine. Maintenant que j'ai défini le rôle que servait un anime, qu'est ce que le comité de production, et quand est-ce qu'il est diffusé, je vais pouvoir commencer à parler de l'anime en lui-même. Lundi prochain, je commence donc à parler du studio d'animation. Soyez hype et repartez en débat.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Scribe » sam. sept. 20, 2014 10:23 pm

Merci pour le point très détaillé encore, c'est toujours super intéressant à lire.

Ca me semble ouf que les ventes de DVD/Bluray soient négligeables quand même... dans ces faits là je me demande quand même pourquoi ça coûte une telle fortune alors...
Je comprends que l'animé est davantage un produit promotionnel qu'autre chose mais vu la popularité de la chose, au moins au Japon, vu à quel point c'est devenu un culte et un moyen énorme de réunir les gens, ils ne considèrent pas les choses autrement ? (ça fait un peu bisounours dit comme ça).
Quoiqu'il en soit, si l'animé sert à promouvoir le manga et que les ventes du manga augmentent, à qui rapporte le commerce au final ? Parce que l'argent des ventes du manga va plutôt du côté des éditeurs et pas du côté des producteurs de l'animé. Qui est-ce qui accorde le budget finalement à tout ça ?
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Yokathaking » dim. sept. 21, 2014 12:52 am

Scribe a écrit :dans ces faits là je me demande quand même pourquoi ça coûte une telle fortune alors...
Tout simplement parce que les gens sont prêts à payer. Pourquoi rendre moins cher quelque chose que les gens achètent à un prix élevé sachant que réduire le prix de vente n'augmentera pas le nombre d'acheteurs ? C'est contraire à tous les principes économiques.
Quoiqu'il en soit, si l'animé sert à promouvoir le manga et que les ventes du manga augmentent, à qui rapporte le commerce au final ? Parce que l'argent des ventes du manga va plutôt du côté des éditeurs et pas du côté des producteurs de l'animé. Qui est-ce qui accorde le budget finalement à tout ça ?
Bah déjà, Kadokawa et Bandai, ils font leur propre anime hein. Donc l'augmentation des ventes du matériel originel, ça leur revient directement dans les poches. Après pour Aniplex qui est juste une maison de production et n'édite rien par lui-même, c'est des négociations avec la maison d'édition. Des armées d'avocats qui se battent pendant des mois pour que chacun se taille la part du gâteau. Malheureusement, j'ai pas plus de détails de ce côté vu que c'est complètement secret.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Jaerdoster » lun. sept. 22, 2014 8:09 am

Ah, ce topic... :yoshitake2:

Stanelis qui tente d'apprendre à Pso des choses sur les Comics.
Stanelis qui tente d'apprendre l'économie à des gens qui s'y connaissent (perso, je bosse dans une banque, entre autres en financement de projets, et ce que tu écris me choque plus que ce qu'écrit Yoka)
mangakam qui ne se rends pas compte que 90% de la saison à venir c'est de la merde en branche en perspective.
et Yoka qui va devoir se relire, car c'est bourré de fautes de frappe et autres (ou je le ferais ce soir si j'ai le temps)

Ça fait de la bonne lecture le matin :cm:

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par mangakam » lun. sept. 22, 2014 9:19 am

mangakam qui ne se rends pas compte que 90% de la saison à venir c'est de la merde en branche en perspective.
Comme on dit souvent ça reste ton avis mais certainement pas le cas de tout le monde, enfin bref tu peut penser ce que tu veux ça m’empêchera pas de regarder ces merdes comme tu le prétend^^

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Amo » lun. sept. 22, 2014 9:25 am

All aboard the clashtrain~
Jaerdoster a écrit : mangakam qui ne se rends pas compte que 90% de la saison à venir c'est de la merde en branche en perspective.
Jaer qui mate un anime tous les trois mois et qui vient dire que la saison à venir c'est 90% de la merde :beatrice2:

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Jaerdoster » lun. sept. 22, 2014 9:57 am

Amo a écrit :All aboard the clashtrain~
Jaerdoster a écrit : mangakam qui ne se rends pas compte que 90% de la saison à venir c'est de la merde en branche en perspective.
Jaer qui mate un anime tous les trois mois et qui vient dire que la saison à venir c'est 90% de la merde :beatrice2:
Dieu du ciel, y a pas besoin d'avoir fait polytechnique. Chaque saison random dans les dix dernières années était oubliable à + de 50% passé 1 an. Yoka l'a très bien dit: ces animes sont là pour faire de la pub, et seront sans doute oubliés derrière.
Allez, partons dans le délire.
Qui se souvient de akane iro ni somaru saka ? C'était de la merde incestueuse pour faire la pub d'un VN foireux, et c'est sorti entre octobre et décembre 2008 (un cour). Et vous savez pourquoi on s'en souvient pas ? Car le fall 2008, c'était peut être une des saisons les moins foireuses que j'ai vu, avec 50% d'animes que vous devriez encore pouvoir citer de tête.

http://img379.imageshack.us/img379/6172 ... nalna6.jpg

50% de la saison était acceptable, mais certains trucs étaient bien pourris, genre la S2 de Penguin Musume, Casshern Sins, Akane Iro également, cette merde de Rosario Vampire Capu, Kemeko Deluxe, que tout le monde a kiffé à l'époque pour son fan service, et que vous avez pourtant tous oublié violemment, Kannagi dont on se souviendra uniquement pour faire des AMV, Macademi Wasshoi qui était bien naze, CHAOS;HEAD PUTAIN, Tytania, une merde astrale dont les dvd servent aux paysans japonais à effrayer les corbeaux, Tetsudou Musume, ou le résumé en dessous résume parfaitement l'utilité, et encore pleins de trucs comme ça.

Sur les 48 animés du chart ci dessous, plus de la moitié sont de la pub, des animés pour enfant oubliables, des adaptations de VN/LN oubliés, et sur le restant, près de 25% avaient été oubliés par vos esprits jusqu'à ce que vous voyez les noms à nouveau. Sérieusement, Kemeko Deluxe ou Bounen no Xamdo, vous me les auriez cité quand ? Et vous aviez tous volontairement oublié Chaos;Head.

Et pourtant je viens de citer une putain de bonne saison. Tu prends la saison suivante, ça devient très vite un massacre (et encore la chart qui suit ne contient pas les animes pour jeunes enfants)
http://desudesudesu.org/images/uploads/661231897879.jpg

Bim, 25% de la saison vous revient de tête, et 10% de plus que vous connaissez de nom ou de vue, mais voilà, ça s'arrête là. Faut arrêter la mauvaise fois, Yoka a raison, promotionnel à 100%. Z Mazinger est un remake de Mazinger Z, Hajime no Ippo est une énième saison pour vendre le manga pas génial, Maria+Holic on ne s'en souvient que parce que Shaft, Queen's Blade c'est du fan service pour vendre des figurines à poitrines et des JV, Precure c'est precure, hetalia ça suxxe à mort, et Kurokami c'est aussi mauvais que le manga d'où c'est tiré. Seul intérêt de la saison ça reste Major S5.

Tout est dit quoi...

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par mangakam » lun. sept. 22, 2014 10:12 am

Non rien est dit puis mec sérieux si pour toi les animes sont de la merde arrête d'en voir tout de suite et change de passion franchement .

Même Amo avec qui j'ai des gouts très différent arrive a voir des animes de saison c'est bien la preuve que tu raconte des conneries .

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Amo » lun. sept. 22, 2014 10:30 am

On appelle ça le tri et l'évolution. Et attention gros spoiler: c'est applicable à toutes les saisons de l'histoire de l'animation japonaise. Non, soyons même plus global: ça s'applique à la culture dans son ensemble. Prenons un art noble comme la littréature et admettons qu'on a gardé en mémoire qu'une quantité infime des romans sortis dans les années 50, c'est à dire uniquement les plus "mémorables" - ça peut être pour leurs qualités propres, pour les polémiques qu'ils ont créées, pour ce qu'ils ont inventés ou déconstruits etc. Mais y'a à peine 1 ou 2% qui ont survécus au temps.

C'est logique que ça fonctionne comme ça. Maintenant il y'a ce raccourci scandaleux qui voudrait que ce qui a été oublié l'a été parce que c'était "de la merde en branche." Ce que je suis pas hyper convaincu, tu vois. On peut aussi avoir été oublié parce qu'on a pas su connecté avec le public contemporain, parce que la communication a l'époque a été maigrichonne, parce que les thématiques n'étaient pas assez dans l'air du temps ou bien parce qu'on était trop en avance dessus. Ou bien parce qu'a l'inverse qu'on est trop accroché à son époque et qu'on ne peut pas en sortir. Ou bien parce qu'on a été juste moyen. Mais est-ce que moyen ça veut dire que c'est de la merde ? Encore une fois ma conviction n'est pas super ébranlée.

Bref, cas par l'exemple.

La saison d'automne 2004, il y'a dix ans pile:
http://animecharts.bateszi.me/2004/autumn

Je compte une quarantaine d'animes dans le tas.

De tête, ceux que je CONNAIS, moi président d'asso de quizz sur les animes et tenancier d'une chronique régulière qui parle de l'histoire de l'animation japonaise:

My-Hime (vu et apprécié)
Kannazuki no Miko (j'adore les génériques mais pas vu la série)
Mahou Shoujo Lyrical Nanoha (vu)
Uta Kata (je l'ai vu j'ai trouvé ça nul)
Bleach (<3)
Diebuster (faut que je mate - je l'inclus dedans même si c'était des OAV et pas une série télé)
School Rumble (lu... le manga)
Gankutsou (tout le monde me dit que c'est bien mais j'ai pas vu)
Beck (well)
Rozen Maiden (desu)
Gundam SEED Destiny (pas vu mais bon je sais que faut éviter comme la peste)
Genshiken (vu mais c'était une adapt assez moyenne du manga)
Yakitate Japan (lu le manga)
Grenadier (même pas honte de dire que j'ai tout vu)

Bon bref ça c'est ce que je RECONNAIS parce que je squatte les karaokés Epita et que je lis des chroniques sur le web anglophone. Ma culture est pas non plus à la pointe mais j'estime avoir un truc qui tient la route. 14 sur 40. Ok. Et y'a des trucs je sais que je connais parce que j'étais vraiment désespéré y'a cinq/six ans genre Uta Kata si vous connaissez pas c'est normal.

Et ce que je sais être DE QUALITE dans le lot, ça baisse aussi. Genre on pourrait juste résumer cette saison à My Hime, Nanoha (que même si j'ai pas aimé je reconnais l'aspect "intéressant" de l'époque), Bleach (qui était une très bonne adaptation pendant 50/60 épisode ce qui est déjà pas mal), Beck et Diebuster. Et encore j'estime être gentil parce que objectivement tout ce que je cite à des lacunes.

Donc ouais tu peux me dire "les animes en 2014 c'est de la merde parce que ImoCho ou whatever" et je pourrais te répondre pareil avec TOUTES LES SAISONS de TOUTES LES ANNEES. Meme l'inattaquable année 2007 qui, si je suis ton raisonnement, était pourrie parce que y'avait Venus Versus Virus en hiver, Shinkyoku Soukai Polyphonica au printemps, Kenkou Zenrakai à l'été et Kodomo No Jikan (fuckin' Kodomo no Jikan) à l'automne.

Donc non, ça tient pas.

Tu veux savoir pourquoi tu as l'impression que l'animation japonaise c'est plus de la merde par rapport à avant ? C'est parce qu'aujourd'hui on est bombardé constamment d'infos sur tous les animes. Ils sont maintenant tous simulcastés légalement en France, ils sont tous couverts et traduits, donc forcément y'aura toujours des gens pour les mater et pour en parler. Maintenant en 2024 tout le monde aura oublié les animes dont tu parles et on aura fait le tri de l'année 2014 et on en aura gardé des trucs en tête. Des trucs comme ce que je t'ai cité en 2007 on en parlait déjà peu à l'époque parce que même les teams de fansub anglophones les plus à la dalle osaient pas forcément y toucher. Alors les françaises... Du coup on ignorait leur existence. Maintenant on en a conscience mais, si ça peut te rassurer, on continue d'en avoir majoritairement rien à foutre et les meilleures séries - ou à défaut les plus intéressantes - continuent à se distinguer d'elle-même.

Non parce que le modèle que décrit Yoka il est pas nouveau. C'est le modèle dominant depuis des décennies. Dans l'histoire de l'animation japonaise, les séries télévisées faites pour l'art ont toujours été négligeables. Y'avait plus de séries "originales" avant mais ces séries elles cherchaient toujours à te fourguer des figurines, des goodies et tout ce qu'il faut.
Pour trouver de l'art dans l'animation japonaise, c'est les OAV et les films que tu dois regarder, pas les séries télévisées !

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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Yokathaking » lun. sept. 22, 2014 7:42 pm

On est lundi, guess what ? 3e partie. Qui a été relue à l'avance pour une fois. D'ailleurs, les deux premières parties aussi donc je devrai les mettre à jour très vite.
Le studio d’animation

C’est en général eux qui sont connus. TOEI, Sunrise, SHAFT ou KyoAni sont des noms qui parlent à toute personne regardant un minimum d’anime. On a tendance à leur attribuer tous les maux et les réussites de l’anime alors que, comme vous avez pu vous en rendre compte, une grande part des défauts et qualités d’un anime vient en fait du comité de production et de ses choix.

Les sous-studios

Un studio a en général plusieurs sous-studios qui travaillent sur différentes séries. Certains sous-studios peuvent travailler uniquement sur un seul et même anime si celui-ci est sur le long cour, comme par exemple l’équipe qui travaille sur Naruto chez Pierrot. Il arrive même que certaines équipes décident de prendre un nom particulier pour montrer leur attachement à la série qu’ils animent, comme par exemple l’équipe derrière Aikatsu! qui s’est renommé Aikatsu Studio et tous les courriers qui leur arrivent sont maintenant adressé à Aikatsu Studio. SUNRISE, qui a 6 sous-studios différents, est considéré comme étant un gros studio d’animation. A l’inverse, david production n’a qu’un seul sous-studio et vous ne verrez donc jamais chez eux deux animes diffusés simulatément.

Employés et freelance

Au niveau des employés, cela varie et ce n’est pas forcément proportionnel au nombre de sous-studios. La majorité des studios emploient les personnes en charge des poste clés dans un anime. Ces personnes reçoivent systématiquement un salaire à la fin du mois. Pour les autres postes, cela varie énormément.

Les studios ont en général une base d’animateurs qu’ils peuvent utiliser mais ce n’est pas suffisant et ils ont donc énormément recours à de l’aide extérieur. Cela s’explique par le fait que la majorité des animateurs sont en freelance, c'est-à-dire qu’ils ne sont rattachés à aucun studio en particulier. Tous ces animateurs en freelance vont postuler pour travailler sur des animes (comme un job normal pour les moins bons) ou vont se faire directement contactés par le réalisateur pour venir travailler sur un anime (pour les meilleurs). Logiquement, un animateur freelance est embauché par le studio pour la durée de réalisation de l’anime, ou juste d’un épisode, et est en général payé au cut ou au dessin, puis redevient freelance une fois son travail terminé.

Si vous suivez les comptes Twitter des différents studios d’animation, vous verrez assez souvent les studios demandant des animateurs et cela veut dire que le comité de production vient de lancer un anime et qu’il faut donc des gens pour l’animer. Ce processus de recrutement arrive en général facilement un an avant que l’anime soit diffusé et donc bien avant que l’anime ne soit ne serait-ce qu’annoncer pour le grand public. Il peut aussi arriver que le studio demande de l’aide alors que l’anime est en cours de diffusion et cela veut dire qu’il a pris tellement de retard qu’il a tout prix besoin d’aide pour finir les épisodes. C’est exceptionnel mais c’est arrivé récemment avec Yamakan qui demandait de l’aide pour finir Wake Up, Girls!

Un animateur peut se faire embaucher par le studio pour une plus longue durée et rejoindra alors les animateurs appartenant à un studio. Ce recrutement peut intervenir sans même qu’un anime vienne d’être lancé par le comité de production si le studio décide de grandir et d’avoir ses propres employés. Par exemple, DogaKobo dans son optique de renouvellement fin 2011 voulait du sang frais et a engagé un certain nombre d’animateurs/directeurs d’animation que vous avez pu retrouver par la suite sur Love Lab. Il peut aussi être recruté après son travail sur un anime parce que le réalisateur a particulièrement aimé ses réalisations.

Il existe, forcément, des exceptions à ce recrutement en freelance. TOEI par exemple a plus de 500 employés, ce qui en fait le plus gros studio d’animation a l’heure actuelle, et n’a donc pratiquement pas recours au freelance même s’il fait énormément sous-traité. Ghibli (jusqu’à ce qu’il licencie) et KyoAni réalisait aussi 95% de leur animation avec des gens de chez eux et KyoAni a même une école d’animation qui est là pour former la génération future. A1Pictures, qui appartient à Aniplex, fait lui exactement l’inverse, c'est-à-dire qu’il n’a que des employés pour les postes clés et il a recours à du freelance pour tout le reste.

Sous-traitance

La sous-traitance, dans le cas d’animation 2D, consiste, en temps normal, à faire réaliser tous les in-between par un autre studio. L’animation clé est encore réalisée par le studio qui réalise l’anime mais le reste, ou partie du reste, de l’animation est sous-traitée par un autre studio.

La sous-traitance, tant qu’elle est correctement réalisée, n’est ni récente ni dégradante. D’ailleurs, la grande majorité des studios qui existent à l’heure actuelle ont été créés pour réaliser de l’in-between pour d’autres studios. Il n’y a qu’à voir le studio DogaKobo créé fin des années 60 dont le premier but était de réaliser de l’in-between pour les studios Mushi et qui, même maintenant, continue encore à faire de l’in-between ou de la 2nde animation clé pour différents studios d’animation dont Ghibli. Même le très récent et très hype studio TRIGGER a réalisé de la sous-traitance pour différents animes.

Dans le monde de l’animation, c’est un phénomène normal puisque cela a un certain nombre d’avantages. Tout d’abord le temps. Sous-traiter évite d’avoir à embaucher des gens en plus tout en permettant d’avoir plus de personnes qui travaillent sur le même épisode. De plus, cela permet de former des gens. Exception faite de KyoAni qui forme ses propres futurs animateurs en interne, la majorité des animateurs ont commencé par réaliser de la sous-traitance, souvent en tant qu’intervallistes, pour différents animes.

Là où on commence vraiment à avoir de la dérive, c’est depuis que certains studios se sont mis à sous-traiter à l’étranger en masse, c'est-à-dire en général Corée du Sud et Chine, pour raisons de coût. C’est tolérable pour des animes sur le long cour comme Naruto et One Piece parce qu’il faut bien tenir le rythme hebdomadaire mais on en vient à avoir des séries comme Sabagebu, qui dès le 6e épisode sur 12 se retrouvent à avoir plus de sous-traitants que de membres de Pierrot+ qui travaillent sur l’anime. HANJIN Studio fait un travail correct mais l’anime en devient presque coréen. Certains studios en sont même à sous-traiter en dehors d’Asie pour avoir les prix les plus bas possible, sans regard sur la qualité générale.

Les noms dans les génériques

Si vous avez déjà fait attention aux crédits dans un anime et que vous avez des bases de japonais, vous vous êtes probablement rendus compte qu’il y a 3 manières différentes de marquer un nom. Kanji/Hiragana, Katakana et Romanji. Forcément, chaque manière a sa propre signification.
  • Si le nom est en kanji/hiragana, c’est un japonais qui a réalisé du travail sur l’épisode. Qu’importe sa tâche, il peut être réalisateur ou avoir juste fait de l’in-between, il est japonais, son nom est écrit avec les caractères japonais.
  • Si le nom est romanji, cela signifie que c’est un étranger qui a fait du travail en tant que sous-traitant. D’ailleurs, bien souvent, c’est des noms à résonnance coréenne que vous voyez écrit en romanji puisque c’est tout simplement là-bas que l’animation est en général sous-traitée.
  • Si le nom est en katakana, c’est beaucoup plus intéressant. En effet, cela veut dire que c’est un étranger qui a réalisé un travail sur l’anime sans avoir été sous-traité. C’est le cas, par exemple, de notre bon vieux frenchie Thomas ROMAIN qui est parti au Japon après avoir fini les Gobelins et qui travaille maintenant chez Satelight. Vous pourrez retrouver son nom en katakana aux génériques de Basquash (ce qui est logique puisque c’est sa série) mais aussi en tant que Mechanical Designer sur Mouretsu Pirates ou Space Dandy.
Les postes-clé dans un studio

Le comité de production a choisi un studio d’animation et lui a donné un budget. A partir de maintenant, c’est au studio de faire son travail. Avant de continuer, une parenthèse. Il est impossible de savoir combien le studio a reçu. On sait qu’en général, il reçoit 50% du budget total apporté par le comité de production, le reste partant au merchandising et au marketing. Cependant, de manière générale, les chiffres dans la japanimation sont secrètement gardés.

Toutes les personnes dont je vais parler dans un premier temps sont les personnes qui constituent le cœur de l’anime et ce sont des personnes qui sont directement récupérées (dans le cas de personnes appartenant déjà au studio) ou temporairement recrutées par contrat (dans le cas de personnes en freelance) par le réalisateur. Il peut, cela dit, arriver que des gens viennent directement contacter le réalisateur pour pouvoir réaliser un épisode sur une série particulière, comme ce fut assez souvent le cas sur THE IDOLM@STER, ou qu’un studio loue (ou prête) un de ses membres pour un anime d’un autre studio, comme ce fut le cas de Satelight qui a prêté Thomas ROMAIN à Bones pour Space Dandy.

Par la suite, je mettrai tous les noms au masculin mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il y a un certain nombre de femmes présentes dans l’animation. Et pas que sur des adaptations d’Otome Game ou d’animes destinés à un public féminin, on les retrouve présentes sur n’importe quelle type d’œuvres. Par exemple, le réalisateur de K-On, qui a en quelque sorte lancé la mode de « Cute girls doing cute things » est en fait une femme. De manière générale, chez KyoAni, il y a plus de réalisatrices que de réalisateurs.

Tous les postes dont je vais parler ici sont systématiquement notés sur Wikipedia jap pour tous les épisodes de tous les animes, en partie dans スタッフ et en partie dans 各話リスト. Il est ainsi très facile de savoir qui a travaillé sur quel anime et quel épisode.

Le réalisateur (監督, Kantoku)

La première chose que va faire le studio est de choisir le réalisateur. Il peut tout simplement être quelqu’un de disponible au moment où le projet est lancé que quelqu’un qui se porte volontaire parce que le projet l’intéresse. Le réalisateur, comme son nom ne le laisse pas forcément entendre, a comme première tâche de faire du management. C’est lui qui va constituer l’équipe, c’est lui qui va répartir les rôles, c’est (en partie) lui qui va gérer le budget, c’est (en partie) lui qui va gérer le temps. Il va gérer les relations entre le comité de production et l’équipe en charge de l’anime.

Contrairement à ce que beaucoup de monde pense, la première cause d’échec d’un anime c’est le réalisateur. Le budget n’a qu’un rôle très mineur dans la réussite ou l’échec d’un anime. Ce qui compte vraiment, c’est le travail du réalisateur. Plus il sait gérer ses équipes, plus l’anime aura de chances d’être réussi. Un mauvais réalisateur sera obligé de travailler directement sur les épisodes sans avoir le temps de s’occuper de gérer des hommes et du budget.

La deuxième cause d’échec d’un anime, c’est le temps. C’est quelque chose sur lequel le réalisateur peut avoir de l’influence mais que dans une certaine mesure. YUASA a réussi à réaliser l’intégralité de Ping Pong the Animation entre fin décembre (la date a laquelle le comité de production a greenlighté l’anime) et fin juin (la date de diffusion du dernier épisode). C’est un exploit impressionnant. WIT Studio a eu beaucoup plus de difficulté sur Shingeki no Kyojin. Le premier épisode a eu 6 mois pour être réalisé, les derniers 6 semaines. Le comité de production pouvait bien injecter tout l’argent qu’il voulait dans la série (ce qu’il a fait), il était physiquement impossible de réaliser correctement l’anime même en embauchant des animateurs à tours de bras. Le réalisateur a avoué par la suite que l’anime a été diffusé 6 mois trop tôt et cela s’est vu mais les décisions du comité de production sont immuables.

Un réalisateur juste bon arrivera à correctement gérer ses hommes et le temps mais sans forcément pouvoir faire de travail supplémentaire sur l’anime.

Viennent ensuite les bons voire très bons réalisateurs. C’est des noms qu’on connait. C’est tous ceux qui se démarquent de la masse, c’est tous ceux qui, en plus de gérer des hommes et du temps, peuvent travailler sur la série. Le travail qu’ils effectuent au niveau de l’animation varie par contre énormément d’un réalisateur à l’autre. YUASA a tendance à réaliser l’intégralité des story-boards de ses séries. ISHIZUKA est surtout présente du côté du post-processing et tous les effets de lumière et les jeux de couleurs si visibles dans NO GAME NO LIFE ou Hanayamata.

En général, le réalisateur s’occupe aussi spécifiquement de la réalisation du premier et/ou du dernier épisode.

Réalisateur est le poste le plus élevé que peut atteindre un animateur. Cela signifie que c’est quelqu’un qui est capable de réaliser l’animation (et parfois le post-processing) d’un anime a lui tout seul et qu’il a petit à petit gravi les échelons. Si un certain nombre de personnes n’avait pas apprécié la nomination de Goro MIYAZAKI en tant que réalisateur des Contes de Terremer, c’est justement parce qu’il n’est jamais passé par toutes les étapes d’intervallistes, animateur-clé et réalisateur d’épisode, avant.

C’est, parmi le staff principal, le seul rôle qui ne peut pas être remplacé ou fusionné avec un autre et qui est absolument obligatoire pour réaliser un anime.

Le réalisateur, en général, travaille chez le studio d’animation qui réalise l’anime. Il peut venir d’un autre studio si le projet l’intéresse particulièrement, comme c’est le cas avec Masahaiko OHTA, normalement chez DogaKobo mais qui travaille avec Pierrot+ sur Sabagebu. Il est par contre exceptionnel d’avoir un réalisateur en freelance.

Charadesigner/mecha(nical)designer (キャラデザイン, Charadesign / メカ設計, Mechasekkei / メカデザインメイン, Mechadesign)

Comme le nom l’indique, ce sont les personnes en charge respectivement du design des personnages et du design des mechas et autres éléments mécaniques. Le rôle du mechadesigner varie grandement entre les séries, inexistant sur les séries de Slice of Life mais incroyablement important, parfois plus que le charadesigner, sur les séries de mecha.

Si l’anime adapte une œuvre préexistante, leur rôle va être d’adapter les designs préexistants pour qu’ils puissent être animés. En fonction du temps disponible pour la réalisation de l’anime, les détails seront plus ou moins conservés puisque plus un personnage est chargé, plus il prendra du temps à animer.

Si l’anime n’est pas une adaptation, il arrive de plus en plus souvent que ce soit un mangaka en charge du charadesigner et ce fut par exemple avec Katsura HOSHINO, mangaka de D.Gray Man, sur Kakumeiki Valvrave ou encore, Shimura TAKAKO, mangaka de Aoi Hana, sur Aldonah.Zero.

Après avoir décidé des designs, ceux-ci vont être présentés au comité de production et c’est lui qui aura le dernier mot. Les designs sont extrêmement importants puisque c’est sur ceux-ci que va se baser tout le merchandising. Il est rare que le comité de production valide directement des designs et il y a en général plusieurs corrections à faire.

Attention, dans le cas d’anime avec des éléments en 3D, le rôle du mecha(nical)designer n’est pas de générer ces éléments. C’est lui qui va décider du design des éléments mais ce sera ensuite à une autre personne de générer les modèles 3D. Au niveau du choix 2D/3D, la décision peut être prise par le comité de production ou par le mecha(nical)designer.

Les chara/mechadesigner, en général :
  • sont en freelance dans le cas d’œuvre originale,
  • travaillent chez le studio d’animation dans le cas d’adaptations.
Compositeur de la série (シリーズ構成, Series Kousei)

Le compositeur de la série est celui en charge de décomposer l’histoire en fonction du nombre d’épisodes décidé par le comité de production. Il ne va pas, en général, écrire le détail de chaque épisode. Son rôle est vraiment de donner la direction générale de l’anime et de décider comment l’anime va être découpé. Il travaille donc énormément avec le réalisateur et il arrive parfois qu’on retrouve le même couple réalisateur/compositeur de la série sur plusieurs séries, comme c’est le cas de Masahaiko OHTA et Takashi AOSHIMA de DogaKobo qui ont travaillé ensemble sur YuruYuri et Love Lab.

Il peut arriver que le compositeur de la série écrive aussi le script de l’ensemble des épisodes, comme ce fut le cas par exemple avec Yousuke KURODA sur Gundam Build Fighters, et cela donne en général une série assez cohérente avec elle-même puisqu’elle a été écrite par une seule personne.

Un compositeur de série n’a pas besoin de savoir animer puisque c’est purement un travail d’écriture. Il peut même arriver que certains compositeurs de séries ne sachent même pas dessiner.

La composition de la série va être présentée au comité de production et là où c’est souvent une simple formalité dans le cas d’une adaptation, c’est une étape beaucoup plus importante et cruciale dans le cas d’une série originale. Il est exceptionnelle que la composition de la série soit validée en moins de 3 révisions dans le cas d’un anime original.

Le compositeur de la série travaille en général chez le studio d’animation.

Scripte (脚本, Kyakuhon, lit. scénario)

La personne en charge du script va prendre la composition décidée par le réalisateur et le compositeur de la série et va ensuite être en charge d’écrire le détail des épisodes et leur déroulement. Il est très rare que ce soit la même personne en charge du script de l’ensemble des épisodes et ce sont souvent différentes personnes qui vont s’occuper de l’ensemble des épisodes.

La personne en charge du script sur un épisode peut aussi être en charge de l’e-conte (c'est-à-dire un storyboard avec un certain nombre d’indications temporelles et verbales) sur cet épisode. La personne en charge du script travaille en étroite collaboration avec le compositeur de la série et du réalisateur.

Il peut arriver que ce soit en fait le compositeur de la série qui utilise le script pour décider du découpage des épisodes mais cela n’arrive que si la personne en charge du script est particulièrement connue. C’est le cas par exemple de tous les animes écrits par UROBUCHI.

De manière très exceptionnelle, il arrive que ce soit l’écrivain du support originel qui soit en charge du script et de la composition de la série, comme ce fut le cas récemment avec JIN sur Mekakucity Actors. Cela n’arrive pratiquement jamais parce que les rares exemples n’ont jamais été un franc succès.

Le script n’est pratiquement jamais présenté au comité de production dans le cas d’une adaptation puisque la composition de la série a déjà été validée et qu’il s’agit donc maintenant uniquement de suivre l’œuvre originale. C’est par contre beaucoup plus courant dans le cas d’un anime original. Moins l’anime aura de retard et plus le comité de production aura le temps de valider le script.

Les personnes en charge du script sont aussi bien en freelance que travaillant chez le studio d’animation.

Réalisateur d’épisode (演出, Enshutsu, lit. Production)

Le réalisateur d’épisode aura le même rôle que le réalisateur mais à l’échelle d’un épisode. C’est lui qui va choisir l’équipe en charge de réaliser cet épisode en particulier et de gérer pour qu’il soit terminé à temps. Il va aussi coordonner les différents groupes travaillant sur un épisode, que ce soit les animateurs, les doubleurs, les personnes en charge des backgrounds ou de la colorisation. Il peut arriver que le rôle de réalisateur d’épisode soit en plus doublé de celui de :
  • l’écriture du script sur l’écriture en question. Dans ce cas, il s’occupera aussi en général de l’e-conte voire même de l’animation-clé dans l’épisode. Cela donne dès épisodes très typés avec une patte incroyablement reconnaissable, comme ce fut le cas sur la grande majorité des épisodes de Space Dandy.
  • directeur d’animation sur l’épisode et dans ce cas il s’occupera de superviser le travail terminé pour être sûr que tout l’épisode est constant avec lui-même et avec le reste de la série.

Les tâches du réalisateur d’épisode dépendent à la fois du réalisateur et de sa capacité à gérer le temps (plus il y a de temps, plus le réalisateur d’épisode peut s’impliquer dans l’épisode) et des goûts du réalisateur (YUASA réalise systématiquement l’e-conte de tous les épisodes de sa série).

Il y a en général plusieurs réalisateurs d’épisodes et cela peut aller jusqu’à un par épisode.

Les réalisateurs d’épisodes sont aussi bien en freelance que travaillant chez le studio d’animation.

Storyboarder (絵コンテ, e-conte)

En règle générale, l’e-conte (絵コンテ) est réalisé pour chaque épisode par une personne différente du réalisateur ou du réalisateur de l’épisode. L'e-conte ressemble à un storyboard avec en plus des indications temporelles, verbales et de caméra. Ce travail est réalisé en étroite collaboration avec le réalisateur de la série et/ou le réalisateur de l’épisode à partir du script. Lorsque le réalisateur de l'épisode s'occupe aussi de l'e-conte, l'âme de la personne est particulièrement visible dans l'épisode.

Étant donné que l’e-conte servira de base aux animateurs clé pou réaliser leurs cuts, il faut que celui-ci soit en adéquation avec leurs capacités. Il est inutile de réaliser un econte comprenant beaucoup de scènes d’action si aucun animateur clé n’est particulièrement doué dans ce domaine précis.

Certains econtes sont tellement détaillés qu’ils servent de layout aux animateurs clé, comme par exemple ceux de Satoshi KON sur ses films, tandis que d’autres sont beaucoup plus vagues, laissant ainsi plus de libertés aux animateurs clé. Il arrive parfois que des econtes ne ressemblent guère plus qu’à des brouillons, par exemple ceux de Yoshiyuki TOMINO, forçant le réalisateur à demander qu’ils soient entièrement refaits.

Directeur d’animation (作画監督, Sakuga Kantoku)

Une série est animée par de nombreuses personnes différentes, chacune avec leur propre style. Le rôle du directeur d’animation est d’uniformiser les cuts de telle sorte que le character design et l’animation soient constants tout au long de l’anime. Sauf cas exceptionnel, le directeur d’animation ne vérifie que les cuts des animateurs clé et cela explique qu’il peut y avoir des dessins choquants même au sein d’un passage particulièrement bien animé. Idéalement, il y a un directeur d'animation par épisode et un directeur en chef d'animation (総作画監督, Sou Sakuga Kantoku) qui supervise l'ensemble de la série. Le directeur d'animation par épisode peur travailler sur plusieurs épisodes sur l'ensemble de la série. Le directeur en chef d'animation peut être le CharaDesigner.

Il peut arriver, pour gagner du temps, qu’il y ait plus d’un directeur d’animation par épisode et cela est visible puisque le design des personnages peut alors varier au sein même d'un épisode.

Le poste de directeur d’animation sur un épisode est parfois fusionné avec celui de réalisateur d’épisode. Il est ici obligatoire d’avoir un directeur en chef d’animation pour s’assurer de la constance des designs d’un épisode à l’autre. Lorsque la série fait l’impasse sur le directeur en chef d’animation, il y a un risque d’avoir des épisodes avec un design qui tranche, parfois beaucoup, avec le reste de la série.

Il est par contre normal sur des séries de Mecha d’avoir au moins deux directeurs d’animation générale, un pour les personnages et un pour les Mechas.

En général, c’est le directeur en chef d’animation d’un anime qui s’occupe de réaliser les différents posters promotionnels autour de la série.

Le directeur d’animation travaille généralement chez le studio d’animation et est un animateur clé qui commence à être expérimenté.

Le terme est pratiquement toujours abrégé en Sakkan (作監) à l'oral.


Et c'est tout pour cette semaine. La semaine prochaine, je vais commencer à m'attaquer à l'animation en elle-même. Et si je me remets pas à écrire, j'aurais rien à poster lundi dans deux semaines donc il faut que je me remotive.
Modifié en dernier par Yokathaking le sam. oct. 18, 2014 12:29 am, modifié 3 fois.
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par QCTX » lun. sept. 22, 2014 9:52 pm

Par exemple, le réalisateur de K-On, qui a en quelque sorte lancé la mode de « Cute girls doing cute things »
Pardon ? Quelle mode ?
On ne doit pas parler de la même chose. Quelle différence avec du slice-of-life qui existe depuis bien plus longtemps, en manga comme en anime ? Je cite de façon totalement intéressé "Azumanga Daioh", mais il doit exister des truc encore bien plus vieux, genre Sazae-san (bien qu'on puisse discuter là de la partie "cute girls") ou autre.
Si un certain nombre de personnes n’avait pas apprécié la nomination de Goro MIYAZAKI en tant que réalisateur des Contes de Terremer
J'ignorais totalement cette partie de la polémique. Des sources concernant ces reproches ?
Il peut arriver, pour gagner du temps, qu’il y ait plus d’un directeur d’animation par épisode et cela est visible puisque le design des personnages peut alors varier au sein même d'un épisode.
Là pour le coup, ce serait bien de pouvoir illustrer ton propos. Tant qu'on est sur le net, ce serait d'autant mieux de glisser des liens youtube ou autres. Au pire, on pourra faire des screenshots plus tard.
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Audrey Azura
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Audrey Azura » lun. sept. 22, 2014 10:12 pm

QCTX a écrit :
Il peut arriver, pour gagner du temps, qu’il y ait plus d’un directeur d’animation par épisode et cela est visible puisque le design des personnages peut alors varier au sein même d'un épisode.
Là pour le coup, ce serait bien de pouvoir illustrer ton propos. Tant qu'on est sur le net, ce serait d'autant mieux de glisser des liens youtube ou autres. Au pire, on pourra faire des screenshots plus tard.
Pour reprendre un truc je t'ais déjà parlé et où c'est bien visible : Ao Haru Ride, épisode 8, tu as je pense environs 3 animateurs entre 6:05 et 6:40.

(screen spoiler free : pas de sous-titre)
06:10
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06:21
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06:36
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The two Alices are not books for children, they are the only books in which we become children.
- Virginia Woolf

Les contes de fées n'apprennent pas aux enfants que les dragons existent, mais qu'ils peuvent être vaincus.

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Ygg
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Re: L'animation japonaise, entre gros sous et sakugas

Message par Ygg » lun. sept. 22, 2014 10:16 pm

Amo a écrit :Kenkou Zenrakai à l'été
Mais mais mais Umisho c'était très bien :' (
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